Un sommet sous le signe de l'unité… en apparence
Ce mardi 6 janvier 2026, l'Élysée a accueilli un sommet diplomatique présenté comme historique par Emmanuel Macron. Dans une cour enneigée, les dirigeants occidentaux se sont réunis pour discuter de la guerre en Ukraine, en présence de Volodymyr Zelensky, Keir Starmer, Giorgia Meloni et d'autres alliés de Kiev. Pourtant, derrière les discours triomphants, la réalité est bien plus sombre : la France, affaiblie économiquement et politiquement, peine à imposer sa vision sur la scène internationale.
Une diplomatie française en perte de vitesse
Si le sommet a permis de montrer une unité symbolique, il n'a pas résolu les fractures profondes. La France, autrefois pilier de l'Europe, voit son influence s'effriter face à des puissances comme les États-Unis ou la Chine. L'échec de l'opposition d'Emmanuel Macron au traité de libre-échange avec le Mercosur, adopté le 9 janvier malgré ses réserves, en est la preuve cinglante.
« La France a des ambitions diplomatiques fortes, mais elle n'a pas les moyens de sa politique », souligne Shahin Vallée, chercheur en économie politique. Une critique qui résonne avec les difficultés du gouvernement Lecornu II, confronté à une crise des finances publiques et à un affaiblissement structurel du pays.
L'Europe marginalisée, la France invisible
L'heure est à la montée des hommes forts – Vladimir Poutine, Xi Jinping, ou encore Donald Trump – tandis que l'Europe, divisée, perd de son influence. La France, en particulier, semble invisible : ses partenaires européens ignorent ses positions, et ses alliés traditionnels, comme l'Allemagne ou l'Italie, ne lui accordent plus la même attention.
Cette marginalisation s'explique par un manque de cohérence stratégique. Alors que le pays s'enfonce dans des crises internes – crise du logement, crise agricole, crise de la démocratie locale –, son discours diplomatique manque de crédibilité. Comment convaincre l'étranger quand la France peine à régler ses propres problèmes ?
Un sommet sans lendemain
Le sommet de Paris aura-t-il marqué l'histoire ? Probablement pas. Si les images d'une Europe unie ont fait le tour des médias, les décisions concrètes manquent. La Russie, elle, continue sa guerre en Ukraine, et les États-Unis, sous l'influence de Jared Kushner et Steve Witkoff, semblent plus préoccupés par leurs propres intérêts que par la stabilité européenne.
Pourtant, Emmanuel Macron tente de sauver les apparences. « La France reste un acteur clé », répète-t-il. Mais les faits lui donnent tort. Le pays, miné par les divisions politiques et une économie en berne, n'est plus en mesure de peser sur les grandes décisions internationales. Et si le sommet de Paris n'était qu'un dernier baroud d'honneur avant l'isolement définitif ?