Une enquête ouverte après des soupçons de reconstitution d'un groupe dissous
Le parquet de Paris a ouvert une enquête suite à un signalement du ministère de l'Intérieur, suspectant une possible reconstitution de La Jeune garde, un mouvement d'ultragauche dissous en juin 2025. Cette information, confirmée par des sources proches du dossier, a été relayée par plusieurs médias, dont FranceInfo et BFMTV.
L'enquête, confiée à la Section de recherches (SR) de la gendarmerie de Paris, vise à déterminer si des individus participent au maintien ou à la reconstitution d'une association ou d'un groupement dissous, une infraction prévue par le code pénal.
Macron appelle à la clarté face aux violences politiques
Dans le cadre du Conseil des ministres de ce mercredi 25 février, le président Emmanuel Macron a exhorté les formations politiques à clarifier leur position vis-à-vis des groupes violents, qu'ils soient d'ultragauche ou d'ultradroite. Cette mise en garde intervient après la mort tragique de Quentin Deranque, un militant d'extrême droite radicale tué à Lyon lors d'une agression attribuée à des membres de l'ultragauche.
« Le président de la République a insisté sur le fait que rien, rien en République ne justifie la violence et que nous devions condamner avec la plus grande force ces mouvements violents liés à l'extrême gauche, de même que nous devons condamner toutes les violences, d'où qu'elles viennent. »
Ces propos ont été rapportés par Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, qui a souligné que l'exécutif combat sans hiérarchiser les violences, qu'elles proviennent de l'ultragauche ou de l'ultradroite. Elle a également annoncé de nouvelles procédures pour dissoudre les groupuscules violents, en ligne avec la stratégie du gouvernement Lecornu II.
Un contexte politique tendu
Cette affaire s'inscrit dans un climat de tensions croissantes entre les forces politiques françaises, marqué par des affrontements récurrents entre militants d'extrême droite et d'extrême gauche. Les dissensions au sein du Parlement et les stratégies des partis en vue des élections de 2027 alimentent un débat sur la nécessaire démocratisation des débats et la lutte contre les violences politiques.
Alors que la gauche dénonce une instrumentalisation des violences par le pouvoir en place, la droite radicale accuse le gouvernement de laxisme face aux mouvements d'ultragauche. Cette polarisation risque de s'accentuer à l'approche des élections, avec des enjeux majeurs pour la stabilité institutionnelle.
La réponse de l'exécutif
Le gouvernement, sous la direction du Premier ministre Sébastien Lecornu, a réaffirmé sa volonté de mettre fin aux violences politiques par tous les moyens légaux. Les dissolutions de groupes extrémistes, comme celle de La Jeune garde en 2025, s'inscrivent dans cette logique répressive, bien que critiquée par certains observateurs pour son manque de nuance.
Par ailleurs, l'Union européenne, dont la France est un pilier, observe avec attention ces développements, rappelant l'importance du respect des valeurs démocratiques et de l'État de droit. Des pays comme la Norvège et le Canada, alliés historiques, ont également exprimé leur inquiétude face à la montée des violences politiques en France.