Un dossier judiciaire ouvert pour « reconstitution » de la Jeune Garde
Le gouvernement français a officiellement saisi la justice pour enquêter sur une possible « reconstitution » du groupe antifasciste la Jeune Garde, dissous en juin 2025. Cette décision intervient après l'agression mortelle de Quentin Deranque, militant d'extrême droite, à Lyon le 14 février dernier. Plusieurs suspects mis en examen étaient liés à ce groupe dissous, fondé en 2018 par Raphaël Arnault, aujourd'hui député de La France insoumise (LFI).
Des « velléités de reconstitution » surveillées de près
Selon un participant à une réunion tenue à l'Élysée, les services de renseignement surveillaient déjà des « velléités de reconstitution » de groupuscules affiliés à la Jeune Garde sur au moins cinq territoires. « Les faits gravissimes de Lyon nous laissent à penser que maintenant le dossier est suffisamment étayé », a-t-il déclaré, confirmant une information de l'Agence France-Presse (AFP).
Des procédures de dissolution en cours
Le président Emmanuel Macron a demandé au ministère de l'Intérieur, dirigé par Laurent Nuñez, d'engager des procédures de dissolution contre ces cinq « émanations » locales identifiées. Sans préciser les territoires concernés, cette mesure s'inscrit dans une stratégie plus large de lutte contre les violences politiques.
Par ailleurs, des procédures de dissolution étaient déjà en cours contre trois structures d'ultradroite et une d'ultragauche, qui devraient aboutir « dans les deux mois qui viennent », selon la même source.
Un contexte de tensions politiques exacerbées
Depuis l'élection d'Emmanuel Macron en 2017, 24 groupes de la « mouvance ultra » ont été dissous, selon le gouvernement. Une politique de fermeté qui, selon l'exécutif, ne privilégie « aucun camp par rapport à l'autre ». Pourtant, depuis le décès de Quentin Deranque, 22 permanences parlementaires de LFI ont été dégradées, alimentant les craintes d'une escalade violente à l'approche des élections municipales de mars.
Un appel à la sérénité pour les élections
Le chef de l'État a exprimé sa « préoccupation » concernant les risques de violences lors de la campagne électorale. « Il est impératif que ces élections se déroulent sereinement », a-t-il insisté, tout en appelant à une vigilance accrue des forces de l'ordre.
Une réunion interministérielle sous haute tension
La réunion à l'Élysée a rassemblé plusieurs hauts responsables, dont le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, le ministre de la Justice Gérald Darmanin, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, ainsi que des représentants de Matignon et des services de renseignement. Une mobilisation qui reflète l'urgence perçue par l'exécutif face à la montée des violences politiques.
Alors que la France s'apprête à vivre une campagne électorale sous haute surveillance, cette affaire soulève des questions sur l'efficacité des mesures gouvernementales face aux groupes radicaux. Dans un contexte de polarisation croissante, la Jeune Garde, bien que dissoute, reste un symbole des tensions qui traversent le pays.