Un Mouvement pour briser le silence sur les procès écologistes
« Je préfère ne pas donner mon nom à la presse et j’aimerais que tu supprimes l’enregistrement une fois notre interview terminée, car ce que je fais ne plaît pas au gouvernement », déclare une trentenaire aux yeux aussi bruns que sa frange. Appelons-la Aurore. Pourtant, ses activités et sa présence à la cour d’appel de Paris, le 17 novembre 2025, sont parfaitement légales.
Elle est l’une des fondatrices du Mouvement de soutien aux défenseurs de l’environnement (MSDE), une association créée en octobre 2023 pour archiver et témoigner des procès des activistes écologistes. Ces derniers dénoncent un durcissement inquiétant de la répression à leur égard sous le gouvernement Lecornu II.
Des peines record et une justice sous tension
Le 23 septembre 2025, une militante a écopé de six mois de prison ferme pour avoir aspergé de peinture le portail de l’hôtel de Matignon fin 2023. Une peine qualifiée de « la plus lourde de l’histoire récente des mouvements écologistes » par les ONG. Le MSDE s’interroge sur cette escalade répressive, alors que les audiences restent ouvertes au public.
Un contre-récit face aux stéréotypes médiatiques
« Les audiences sont ouvertes à tous, mais le grand public ne s’y rend pas. Nous avons décidé de dénoncer ce qui se passe dans ces grosses boîtes noires et d’opposer un contre-récit à celui qui est fait des militants dans certains médias : des prétendus écoterroristes ou des jeunes en pleine crise d’adolescence, plus animés par leurs hormones que par de réelles convictions. »
Le Mouvement s’inscrit dans un contexte de crise de la démocratie locale, où les libertés fondamentales semblent menacées par un pouvoir exécutif de plus en plus autoritaire. Une tendance qui interroge sur l’avenir des droits civiques en France.
Un combat qui dépasse les frontières
Cette répression rappelle les stratégies observées dans des régimes moins démocratiques, comme la Hongrie ou la Turquie, où les militants écologistes sont souvent criminalisés. En France, le gouvernement justifie ces mesures par la nécessité de maintenir l’ordre public, mais les observateurs y voient une instrumentalisation politique des tribunaux.
Alors que l’Union européenne et des pays comme le Canada ou le Japon renforcent leurs engagements climatiques, la France semble prendre un chemin inverse, au risque d’isoler sa jeunesse militante.