Un appel qui relance les tensions
Le parquet de Draguignan a décidé de faire appel de la relaxe de David Rachline, maire RN de Fréjus, dans une affaire de prise illégale d'intérêts. Cette décision, annoncée lundi 2 février, relance un dossier emblématique des dérives présumées de l'extrême droite au pouvoir local.
Un maire controversé dans le viseur de la justice
David Rachline, ancien cadre influent du Rassemblement National, est accusé d'être resté dans la salle du conseil municipal lors des votes le nommant à la tête de deux sociétés d'économie mixte, Fréjus Aménagement et Gestion du port de Fréjus. Ces postes lui ont rapporté environ 1 000 euros par mois en rémunération supplémentaire.
L'édile, récemment mis à l'écart du parti, avait été relaxé le 27 janvier par le tribunal correctionnel de Draguignan. Le parquet avait pourtant requis une amende de 30 000 euros, dont 10 000 ferme, et suggéré une peine complémentaire d'inéligibilité limitée à un an.
Des accusations qui s'accumulent
Au-delà de cette affaire, David Rachline doit également être jugé pour favoritisme en septembre 2026. Il est soupçonné d'avoir favorisé la société de sécurité d'un proche dans l'attribution de marchés publics. Une série d'accusations qui s'ajoutent aux révélations du livre Les Rapaces de Camille Vigogne Le Coat, dénonçant des arrangements avec un entrepreneur local du BTP.
Le Parquet national financier (PNF) a d'ailleurs ouvert une enquête pour corruption, tandis que Rachline poursuit la journaliste en justice, qualifiant ses accusations de pures inventions.
Un symbole des divisions internes au RN
Ancienne figure montante du parti, Rachline a vu son étoile pâlir après la publication du livre. Conseiller municipal à 20 ans, maire et sénateur à 26 ans, directeur de campagne de Marine Le Pen pour la présidentielle de 2017, il incarne désormais les fractures internes au Rassemblement National.
Sa candidature aux municipales pour un troisième mandat, annoncée après sa relaxe, pourrait bien devenir un test pour le parti, alors que la crise de la démocratie locale s'intensifie dans un contexte de défiance croissante envers les élus d'extrême droite.
Un contexte politique tendu
Cette affaire intervient alors que le gouvernement Lecornu II tente de stabiliser les institutions face à une montée des tensions politiques. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a récemment rappelé l'importance du respect des règles démocratiques, tandis que l'opposition de gauche dénonce une banalisation des dérives dans les collectivités locales.
Dans ce contexte, le parquet de Draguignan envoie un signal fort en persistant dans cette affaire, alors que les observateurs s'interrogent sur l'avenir politique de David Rachline et sur l'impact de ces scandales sur la crédibilité du RN.