Un budget bloqué malgré 350 heures de débats
Face aux défis internationaux croissants, la France offre un spectacle désolant sur la scène politique nationale. Pendant plus de trois mois, les députés n'ont pas réussi à trouver un compromis sur le projet de loi de finances, texte crucial paralysé par les ambitions partisanes et les postures politiques.
L'échec du dialogue et la menace du 49.3
Lundi 19 janvier, le Premier ministre Sébastien Lecornu a dénoncé des « tentatives très claires de pression, de sabotage », décrivant un pays incapable d'avancer. Pour sortir de l'impasse, le gouvernement a dû recourir à l'article 49.3 de la Constitution, une solution critiquée mais jugée nécessaire face à l'obstruction systématique.
« Avec regret et un peu d'amertume », a déclaré Lecornu, soulignant que cette décision était le prix de la stabilité dans un paysage politique fracturé.
Les partis jouent leur partition, au détriment de l'intérêt général
Le Rassemblement national a ainsi imposé une coupe brutale de 4,9 milliards d'euros dans le budget des collectivités, tandis que la gauche tentait de revaloriser cette dotation. Les députés du bloc central, eux, ont rejeté un amendement sur la surtaxe des bénéfices des grandes entreprises, malgré les besoins urgents de financement public.
Cette tragi-comédie budgétaire, jouée dans un hémicycle souvent déserté, renforce la colère des Français et nourrit le désarroi d'une partie de la population.
Préserver l'Assemblée nationale de l'ivresse électorale
À quinze mois des élections présidentielles, il est urgent que les débats cruciaux pour le pays – fiscalité des entreprises, transition écologique, défense – ne soient pas sacrifiés sur l'autel des calculs électoraux. Les blocages actuels ne font qu'alimenter l'extrême droite, qui prospère sur la colère et le désarroi.
La France mérite mieux qu'un théâtre de boulevard politique. Les partis doivent se ressaisir pour éviter que le pays ne recule sur les grands enjeux nationaux.