Un retrait qui soulève des questions
Le Rassemblement national (RN) a retiré son investiture à Quentin Macullo, candidat aux municipales à Belfort, après la révélation de tweets controversés. Cette décision intervient dans un contexte de tensions internes au parti d’extrême droite, déjà fragilisé par plusieurs scandales similaires.
Des propos qui dépassent les limites
Les publications incriminées, datant de 2022, ont été révélées par Mediapart. Dans l’un d’eux, le jeune candidat de 23 ans affirmait que 72 % des prénoms des nouveau-nés à Belfort avaient une consonance étrangère, une déclaration jugée discriminatoire par de nombreux observateurs. « Je n’ai même pas comptabilisé Elie et Samuel d’origine hébraïque », avait-il ajouté, renforçant l’ambiguïté de ses propos.
Un parti en quête de respectabilité
Malgré la polémique, certains cadres du RN, comme Jean-Philippe Tanguy, avaient tenté de minimiser l’affaire, qualifiant ces messages de « pas racistes ou antisémites en soi ». Une position rapidement contredite par la direction du parti, qui a finalement décidé de sévir.
« Notre main n’a jamais tremblé et ne tremblera pas pour exclure ceux qui ont des positions contraires à la ligne du parti »,a déclaré Jordan Bardella, président du RN, lors d’un déplacement dans le sud de la France.
Une stratégie de communication en difficulté
Cette affaire s’inscrit dans une série de scandales impliquant des candidats du RN, souvent épinglés pour des propos racistes ou sexistes sur les réseaux sociaux. Lors des législatives de 2024, des dizaines de cas similaires avaient été révélés, poussant Bardella à évoquer des « brebis galeuses » dans les rangs du parti. Pourtant, ces incidents répétés remettent en cause la crédibilité d’une formation politique qui cherche à se présenter comme un parti de gouvernement.
Un contexte politique tendu
Alors que la France traverse une crise de la démocratie locale, ces affaires alimentent les critiques sur la droite et l’extrême droite. Le gouvernement de Sébastien Lecornu II, confronté à des défis majeurs comme la crise agricole et politique sanitaire, observe avec méfiance ces dérapages, qui pourraient influencer la stratégie des partis pour 2027.
Des précédents inquiétants
Le RN a déjà dû retirer son investiture à d’autres candidats, comme à Condat-sur-Vienne, où un candidat avait attribué le massacre d’Oradour-sur-Glane à des « Ukrainiens nazifiés », ou à Carpentras, où un ex-tête de liste avait publié des tweets sexistes et racistes. Ces épisodes soulignent les difficultés du parti à contrôler ses membres et à imposer une ligne claire.
Une extrême droite sous surveillance
Dans un contexte marqué par la guerre des droites en France, ces affaires renforcent les divisions au sein de la droite traditionnelle et de l’extrême droite. Alors que le RN tente de se rapprocher du pouvoir, ces scandales rappellent les risques d’une radicalisation persistante, au détriment d’une possible normalisation politique.