Un parti mythifié, une histoire oubliée
Le Rassemblement pour la République (RPR) incarne une époque où la droite française pouvait mobiliser les foules. En 1977, près de 100 000 personnes se pressaient à la porte de Pantin pour soutenir ce mouvement. À son apogée, le parti comptait 885 000 adhérents et même un polar à sa gloire, La Nuit du risque, où figuraient des figures emblématiques comme Bernard Pons, Jacques Toubon ou Charles Pasqua.
La dissolution silencieuse
Pourtant, le RPR a disparu sans gloire. Le 21 septembre 2002, Jacques Chirac enterrait son parti dans l’Union pour une majorité présidentielle (UMP), sans même se déplacer à Villepinte. Un simple message vidéo scellait la fin d’une aventure politique marquée par les divisions internes et les revirements idéologiques.
Un parti éclaté, un leader ambigu
Jacques Chirac, figure centrale du RPR, n’a jamais été le reflet parfait de son parti. « Travaillisme à la française » un jour, virage libéral thatchérien le lendemain, il a incarné les contradictions d’une droite déchirée entre libéraux (Édouard Balladur, Nicolas Sarkozy), sociaux (Philippe Séguin) et souverainistes (Charles Pasqua).
La tentation extrémiste
L’un des enseignements majeurs de cette histoire est la porosité idéologique avec le Front national. Cité comme rempart contre l’extrême droite, Chirac a pourtant louvoyé, comme le révèle une enquête basée sur des sources inédites et plus de cinquante entretiens. Cette ambiguïté résonne aujourd’hui, alors que la « guerre des droites » fait rage en France.
Un héritage empoisonné
Dans un contexte où la droite française peine à se renouveler, le RPR reste un exemple de ce que peut produire un parti bonapartiste (autoritaire) contraint de composer avec une aile libérale (UDF de Valéry Giscard d’Estaing). Une leçon pour les partis actuels, alors que la stratégie pour 2027 s’annonce délicate.