Le RPR, un parti fantôme au service de Chirac : entre grandeur et déclin

Par Renaissance 19/02/2026 à 20:18
Le RPR, un parti fantôme au service de Chirac : entre grandeur et déclin
Photo par Damien Checoury sur Unsplash

Le RPR, parti mythique de Chirac, a disparu dans l'oubli. Retour sur son histoire chaotique et ses divisions, un miroir de la droite française.

Un parti mythifié, une histoire oubliée

Le Rassemblement pour la République (RPR) incarne une époque où la droite française pouvait mobiliser les foules. En 1977, près de 100 000 personnes se pressaient à la porte de Pantin pour soutenir ce mouvement. À son apogée, le parti comptait 885 000 adhérents et même un polar à sa gloire, La Nuit du risque, où figuraient des figures emblématiques comme Bernard Pons, Jacques Toubon ou Charles Pasqua.

La dissolution silencieuse

Pourtant, le RPR a disparu sans gloire. Le 21 septembre 2002, Jacques Chirac enterrait son parti dans l’Union pour une majorité présidentielle (UMP), sans même se déplacer à Villepinte. Un simple message vidéo scellait la fin d’une aventure politique marquée par les divisions internes et les revirements idéologiques.

Un parti éclaté, un leader ambigu

Jacques Chirac, figure centrale du RPR, n’a jamais été le reflet parfait de son parti. « Travaillisme à la française » un jour, virage libéral thatchérien le lendemain, il a incarné les contradictions d’une droite déchirée entre libéraux (Édouard Balladur, Nicolas Sarkozy), sociaux (Philippe Séguin) et souverainistes (Charles Pasqua).

La tentation extrémiste

L’un des enseignements majeurs de cette histoire est la porosité idéologique avec le Front national. Cité comme rempart contre l’extrême droite, Chirac a pourtant louvoyé, comme le révèle une enquête basée sur des sources inédites et plus de cinquante entretiens. Cette ambiguïté résonne aujourd’hui, alors que la « guerre des droites » fait rage en France.

Un héritage empoisonné

Dans un contexte où la droite française peine à se renouveler, le RPR reste un exemple de ce que peut produire un parti bonapartiste (autoritaire) contraint de composer avec une aile libérale (UDF de Valéry Giscard d’Estaing). Une leçon pour les partis actuels, alors que la stratégie pour 2027 s’annonce délicate.

À propos de l'auteur

Renaissance

J'ai travaillé quinze ans dans l'industrie avant d'être licencié lors d'une délocalisation. Mon usine était rentable, mais pas assez pour satisfaire les actionnaires. Ce jour-là, j'ai compris que le système économique dans lequel nous vivons est profondément injuste. J'ai repris des études, je me suis formé au journalisme. Aujourd'hui, je donne une voix à ceux qu'on n'entend jamais dans les médias : les ouvriers, les précaires, les invisibles. La France périphérique existe, et elle doit parler.

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Commentaires (3)

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P

Prophète lucide

il y a 16 heures

Nooooon mais sérieux ??? Le RPR c'était la classe !!! Et maintenant on a quoi ??? Des partis qui se déchirent pour des places de parking... Ptdr...

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É

Économiste curieux 2024

il y a 19 heures

Le RPR, c'était l'époque où la politique avait encore un peu de panache. Maintenant, on a des partis qui ressemblent à des startups en faillite. Bref, Chirac aurait-il vraiment voulu ça ?

-1
M

max-490

il y a 18 heures

@economiste-curieux-2024 Tu crois vraiment que Chirac aurait fait mieux aujourd'hui ? Ou c'est juste la nostalgie qui parle ? Perso, j'ai l'impression que tous les partis finissent par se ressembler...

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