Une campagne municipale 100% générée par IA
Mohamed Tlamsi, candidat écologiste aux municipales de Périgny-sur-Yerres, a fait le pari audacieux de créer l'intégralité de ses affiches de campagne grâce à l'intelligence artificielle. Une démarche qui suscite autant d'admiration que de critiques, notamment sur son impact écologique. Le jeune candidat assume pleinement son choix :
« L'enjeu est de mettre l'intelligence, humaine comme artificielle, au service de l'intérêt général. »
Une vision qui tranche avec les pratiques traditionnelles, mais qui pourrait bien s'imposer comme une nouvelle norme dans le paysage politique français.
Renaissance mise sur l'IA pour 2027
Le parti présidentiel ne reste pas à la traîne. Dès janvier 2026, Renaissance a officialisé son investissement massif dans une stratégie numérique basée sur l'IA, en vue de la prochaine présidentielle. Un directeur dédié aux technologies a même été nommé : Victor Cohen, ancien responsable des outils numériques du parti. Un accord secret a été conclu avec une entreprise spécialisée, dont le nom reste confidentiel.
Cette stratégie s'inscrit dans une tendance plus large où les partis politiques cherchent à capter l'attention des électeurs à travers des outils toujours plus sophistiqués. Une approche qui soulève des questions sur la transparence et l'éthique dans la communication politique.
L'extrême droite pionnière de l'IA générative
Dès juin 2024, Reconquête ! avait franchi le pas en produisant la première vidéo politique française entièrement générée par IA. Eric Zemmour s'en était vanté sur les réseaux sociaux, mettant en avant des thèmes chers à son parti : immigration, sécurité et déclin économique. Une enquête de l'ONG AIForensics révélait que l'usage de l'IA générative lors des législatives était largement dominé par les partis d'extrême droite.
Cette instrumentalisation de l'IA pose la question de la manipulation de l'opinion publique. Les images générées par algorithmes peuvent-elles être considérées comme des outils démocratiques ou deviennent-elles des armes de propagande ?
Un enjeu démocratique majeur
Alors que le gouvernement Lecornu II s'efforce de rétablir la confiance dans les institutions, l'utilisation croissante de l'IA dans les campagnes politiques interroge. Dans un contexte de crise des vocations politiques et de défiance envers les élites, ces nouvelles technologies pourraient soit revitaliser le débat démocratique, soit l'affaiblir davantage.
Les prochaines élections seront sans doute un terrain d'expérimentation majeur pour ces outils controversés. Reste à savoir si les citoyens sauront distinguer entre innovation technologique et manipulation politique.