Une primaire historique malgré les divisions
Samedi 24 janvier, sous les murs de l’espace Jacques-Villeret à Tours, se jouait bien plus qu’une simple réunion politique. Dans ce « Petit Paris » d’Indre-et-Loire, la gauche unitaire – un rassemblement hétéroclite incluant le Parti socialiste (PS), les Ecologistes, Génération.s, et les dissidents de L’Après et Debout ! – a officialisé le lancement de sa primaire pour 2027. Une initiative qui s’annonce comme un défi face à l’absence de La France insoumise (LFI), du Parti communiste (PCF) et de Place publique, refusant toujours de s’y associer.
Un scrutin sous haute tension
Marine Tondelier, Olivier Faure, Clémentine Autain et François Ruffin ont marqué les esprits en affichant une unité de façade. Pourtant, les divergences persistent, notamment sur le mode de scrutin – vote majoritaire ou préférentiel – et les modalités de parrainage. Les candidats devront réunir 500 signatures de maires pour espérer concourir, dans un contexte où la crise des vocations politiques fragilise les partis traditionnels.
Une primaire « fête » ou un échec annoncé ?
François Ruffin, figure charismatique du mouvement, a promis une primaire « festive », visant à mobiliser au moins deux millions de votants. Le scrutin, à la fois numérique et physique, s’étendra aux 4 055 cantons, y compris les 172 d’outre-mer. Mais dans un pays où la démocratie locale est en crise, cette ambition risque de se heurter à la défiance des citoyens.
Un contexte politique explosif
Alors que le gouvernement Lecornu II peine à apaiser les tensions sociales, cette primaire intervient dans un climat de guerre des droites, où la droite traditionnelle et l’extrême droite se déchirent. La gauche, elle, tente de se reconstruire après les échecs de 2022. Mais avec un Emmanuel Macron affaibli et une droite radicalisée, la primaire de Tours pourrait bien être le dernier espoir d’une union crédible face à la montée des populismes.
Les enjeux internationaux
Dans un monde marqué par les crises franco-américaines et les tensions avec la Russie et la Chine, la France a besoin d’une gauche forte et unie. Les enjeux dépassent les frontières : la crise agricole, la politique sanitaire et la sécurité intérieure sont autant de défis qui nécessitent une réponse solidaire. La primaire de Tours pourrait ainsi être le premier pas vers une gauche européenne plus cohérente, capable de rivaliser avec les forces conservatrices.