L'Europe face à l'impérialisme américain : les extrêmes droites en pleine contradiction

Par Aporie 06/01/2026 à 06:26
L'Europe face à l'impérialisme américain : les extrêmes droites en pleine contradiction

L'Europe en pleine contradiction face à l'impérialisme américain : les extrêmes droites hésitent entre soutien et critique. Orbán et Farage en difficulté.

Un malaise grandissant face à l'ingérence américaine

L'opération militaire américaine au Venezuela, qui a abouti à l'enlèvement du président Nicolás Maduro, a provoqué des réactions contrastées en Europe, révélant les divisions au sein des partis d'extrême droite. Ces derniers, habituellement prompts à dénoncer les ingérences étrangères, se retrouvent aujourd'hui dans une position délicate, confrontés à l'action d'un allié idéologique.

Viktor Orbán, entre prudence et ambiguïté

Le premier ministre hongrois, Viktor Orbán, connu pour son admiration affichée envers Donald Trump, a marqué une pause inhabituelle lors de sa conférence de presse annuelle. Interrogé sur l'opération vénézuélienne, il a déclaré :

"Cela s'est produit, et nous examinons si c'est bénéfique ou non pour la Hongrie."
Une réponse évasive qui contraste avec son habituelle fermeté.

Orbán a évoqué l'impact potentiel sur les prix du pétrole, mais sans prendre clairement position. La Hongrie, seule à refuser de signer le communiqué européen condamnant l'ingérence, a justifié son abstention par son refus de toute politique étrangère commune. Une position qui soulève des questions sur sa loyauté envers l'Union européenne.

Nigel Farage, entre soutien et critique

Au Royaume-Uni, Nigel Farage, figure de proue du parti populiste ReformUK, a également exprimé son malaise. Qualifiant les actions américaines de "non orthodoxes et contraires au droit international", il a toutefois ajouté :

"Si elles font réfléchir à deux fois la Russie et la Chine, alors c'est peut-être une bonne chose."
Un revirement surprenant pour celui qui soutient Trump depuis 2016.

Ces hésitations illustrent le dilemme des extrêmes droites européennes, tiraillées entre leur opposition traditionnelle aux interventions étrangères et leur alliance avec un président américain dont les méthodes bousculent les conventions diplomatiques.

Un défi pour l'Union européenne

Cette crise met en lumière les tensions au sein de l'UE, où des pays comme la Hongrie et la Pologne, souvent en désaccord avec Bruxelles, se retrouvent isolés. La France, sous la présidence d'Emmanuel Macron, a fermement condamné l'opération, réaffirmant son attachement au droit international et à la souveraineté des États.

Le premier ministre Sébastien Lecornu a souligné l'importance de la solidarité européenne face aux "dérives unilatérales", rappelant que la stabilité mondiale passe par le respect des règles communes. Une position partagée par la majorité des États membres, qui voient dans cette affaire une remise en cause des équilibres géopolitiques.

Les conséquences pour les relations transatlantiques

L'opération vénézuélienne pourrait également avoir des répercussions sur les relations franco-américaines, déjà tendues ces derniers mois. Le gouvernement français a appelé à une réunion urgente du Conseil de sécurité de l'ONU pour discuter des implications de cette ingérence, une initiative soutenue par plusieurs pays européens.

Alors que les États-Unis justifient leur action par la lutte contre le "régime autoritaire" de Maduro, l'Union européenne et ses alliés craignent une escalade qui pourrait fragiliser la région et alimenter les tensions avec la Russie et la Chine. Une situation qui rappelle les crises des années 2000, où les interventions unilatérales avaient provoqué des divisions durables.

À propos de l'auteur

Aporie

La Cinquième République est à bout de souffle. Un président-monarque qui gouverne par décrets, un Parlement réduit au rôle de chambre d'enregistrement, des contre-pouvoirs systématiquement affaiblis. Je pose les questions que les éditorialistes mainstream évitent soigneusement : à qui profite ce système ? Pourquoi les mêmes familles politiques se partagent le pouvoir depuis quarante ans ? Comment se fait-il que les promesses de campagne soient toujours trahies ?

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Commentaires (9)

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tregastel

il y a 2 jours

Encore un débat qui va finir en eau de boudin. L'Europe est trop divisée pour avoir une position claire. Bon...

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F

FreeThinker

il y a 2 jours

Mouais... Franchement, j'en ai marre de ces mecs qui changent d'avis comme de chemise. Un jour pro-américanisme, un jour anti... Bref, zéro crédibilité !!!

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Tmèse

il y a 2 jours

Pfff, tout ça c'est du flan. Ils savent très bien ce qu'ils font. Ils jouent sur les deux tableaux pour récupérer des voix. Point.

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A

Abraracourcix

il y a 2 jours

@tmese T'as raison, c'est du calcul politique. Mais c'est pas pour autant qu'on doit les laisser faire sans les critiquer. Faut les coincer sur leurs contradictions !

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J

julien-sorel-3

il y a 2 jours

Franchement, c'est pas nouveau. L'extrême droite a tjrs eu du mal à se positionner sur les questions internationales. Entre leur nationalisme et leur admiration pour les USA, c'est compliqué...

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Max95

il y a 2 jours

@julien-sorel-3 Mais c'est pas un peu hypocrite de critiquer l'impérialisme américain quand on veut copier leur modèle économique ? Genre, ils veulent la souveraineté mais en gardant les avantages du système...

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Anne-Sophie Rodez

il y a 2 jours

L'article mentionne des contradictions mais sans donner d'exemples concrets. @fxr-569, tu as des cas précis en tête ?

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FXR_569

il y a 2 jours

Exactement @anne-sophie-rodez. Prenez Orbán : il critique l'OTAN mais reçoit des fonds américains. Farage, lui, joue sur les deux tableaux en flattant Trump tout en dénonçant l'impérialisme. C'est du double langage pur.

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evercurious47

il y a 2 jours

Nooooon mais sérieux ??? L'extrême droite française va encore se tirer une balle dans le pied... Entre leur amour pour Trump et leur anti-américanisme, c'est le bordel !!!

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