Une condamnation en demi-teinte de la méthode américaine
Emmanuel Macron a enfin rompu le silence sur l'opération américaine au Venezuela, qualifiant la méthode employée pour renverser Nicolas Maduro de « ni soutenue ni approuvée » par la France. Une déclaration tardive qui intervient après des critiques croissantes, notamment à gauche, sur l'absence de position claire du gouvernement français.
Un soutien ambigu à la démocratie vénézuélienne
Le président de la République a affirmé défendre « le droit international et la liberté des peuples », tout en qualifiant Maduro de « dictateur ». Une posture qui semble contradictoire avec son appel initial à une « transition pacifique », sans condamner explicitement l'intervention militaire américaine.
« Nous soutenons la souveraineté populaire. Et cette souveraineté populaire s’est exprimée en 2024. »
Macron a insisté sur la victoire de l'opposant Edmundo Gonzalez Urrutia, reconnue par Paris et une partie de la communauté internationale, malgré les revendications de Maduro. Une position qui s'inscrit dans une ligne diplomatique européenne, mais qui contraste avec le silence initial du gouvernement face à l'opération américaine.
Une coordination diplomatique sous tension
Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait pourtant été plus direct en dénonçant une violation du droit international. Une divergence rapidement gommée par la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, qui a assuré que les propos du chef de la diplomatie étaient « concertés et validés » par Macron.
Cette mise au point intervient alors que la France tente de naviguer entre son alliance traditionnelle avec les États-Unis et sa volonté affichée de promouvoir un multilatéralisme fort, notamment au sein de l'Union européenne.
Un contexte politique explosif
La réaction tardive de Macron s'explique en partie par les tensions internes au gouvernement Lecornu II, où les divisions sur la politique étrangère s'accentuent. À gauche, on accuse le président de complaisance envers Washington, tandis qu'à droite, certains estiment qu'il affaiblit la position française sur la scène internationale.
Cette affaire intervient dans un climat déjà tendu, marqué par la crise des relations franco-américaines, où la France cherche à affirmer son indépendance stratégique face aux ingérences étrangères.