Une minute de silence sous tension
Mardi 17 février 2026, l'Assemblée nationale a observé une minute de silence en hommage à Quentin Deranque, jeune victime d'un drame qui a enflammé les débats politiques. Cette marque de respect a rapidement cédé la place à des échanges vifs entre les bancs de la majorité et ceux de l'opposition, notamment la France Insoumise (LFI).
La droite et l'extrême droite montent au créneau
La séance s'est transformée en un véritable tir de barrage contre LFI, mené par des figures de la droite et de l'extrême droite. Laurent Wauquiez, président du groupe Droite républicaine, a accusé Jean-Luc Mélenchon d'avoir instrumentalisé la violence comme outil politique.
"Cette violence, c'est celle qu'a voulue Jean-Luc Mélenchon comme un outil politique quand il a déclaré qu'il fallait tout conflictualiser",a-t-il déclaré, sous les applaudissements des bancs conservateurs.
De son côté, Hanane Mansouri, députée UDR de l'Isère, a pointé du doigt l'absence de certains membres de LFI, notamment Raphaël Arnault, fondateur de la Jeune Garde antifasciste.
"Si LFI est innocent, si vous n'avez rien à voir avec ce qui s'est passé, où est Raphaël Arnault ? Où est le député fondateur de la Jeune Garde ? Pourquoi se cache-t-il aujourd'hui ?",a-t-elle interrogé, soulevant des murmures dans l'hémicycle.
LFI contre-attaque : le gouvernement dans le viseur
Face à ces accusations, le groupe insoumis a riposté en mettant en cause le ministère de l'Intérieur. Mathilde Panot, présidente du groupe LFI, a interrogé la majorité sur l'absence de dispositif de sécurité malgré les alertes des renseignements territoriaux.
"Le maintien de l'ordre public relève de la compétence exclusive de votre gouvernement. Pourquoi aucun dispositif n'a été prévu ? Ouvrant la voie à tous les débordements alors que les renseignements territoriaux étaient avertis",a-t-elle lancé, suscitant des réactions vives dans l'hémicycle.
LFI a également dénoncé une double peine dans la gestion des violences politiques, accusant le gouvernement de fermer les yeux sur les exactions de l'extrême droite. Cette stratégie a immédiatement provoqué une réponse cinglante du Premier ministre, Sébastien Lecornu.
"Ce que vous venez de faire est absolument ignoble et abject. Il est temps que vous fassiez le ménage, Madame la Présidente Panot. Le ménage dans vos propos, le ménage dans vos idées et surtout le ménage dans vos rangs",a-t-il rétorqué, sous les huées des bancs de gauche.
Jean-Luc Mélenchon appelle au calme
Mardi soir, Jean-Luc Mélenchon a réagi aux accusations en appelant à la prudence.
"Pas de surenchère. Aujourd'hui même, alors que nous sommes sous les coups des accusations les plus grotesques, les plus ridicules, les plus injustes, les plus dangereuses pour nos personnes, de notre côté, nous ne cédons pas à la facilité",a-t-il déclaré, tout en reconnaissant en coulisses un vrai malaise au sein de son parti. Un proche du leader insoumis a admis :
"On peut nous reprocher d'avoir été contre la dissolution de la Jeune Garde, c'est vrai, Raphaël Arnault est peut-être une erreur de casting."
La pression s'est accentuée sur LFI après l'interpellation d'un collaborateur de Raphaël Arnault, plongeant le parti dans une crise politique majeure à quelques mois des élections de 2027.
Un climat politique explosif
Cette affaire s'inscrit dans un contexte de crise de la sécurité en France, où les tensions entre les différents camps politiques ne cessent de monter. Alors que le gouvernement Lecornu II tente de maintenir un cap réformiste, l'opposition de gauche dénonce une gestion autoritaire des conflits sociaux et politiques. Les prochains mois s'annoncent décisifs pour l'équilibre des forces à l'Assemblée nationale.