Une journée parlementaire tendue sous le signe du clivage
Jeudi 22 janvier 2026, l'Assemblée nationale a vécu une journée mouvementée lors de la « niche » parlementaire des Les Républicains (LR). Entre propositions clivantes et invectives, les débats ont révélé les tensions persistantes au sein de la majorité présidentielle et l'opposition frontale avec la gauche.
Deux textes adoptés, mais des divisions profondes
Le groupe LR, dirigé par Laurent Wauquiez, espérait faire adopter quatre textes en une journée. Dans la douleur, seuls deux textes ont été votés : des résolutions sans portée juridique, ce que certains qualifient de « maigre bilan ». Parmi elles, une proposition visant à inscrire les Frères musulmans sur la liste des organisations terroristes.
« On devrait pouvoir voter vers midi », estimait Éric Pauget, député LR des Alpes-Maritimes et rapporteur du texte. Raté. Il est presque 16 heures quand Laurent Wauquiez crie victoire dans la salle des Quatre-Colonnes après près de cinq heures de débats et surtout d’invectives.
LFI accusée d'obstruction, la droite en ordre dispersé
La droite a pointé du doigt La France insoumise (LFI), accusée d'avoir bloqué les débats. Justine Gruet, députée LR du Jura, dénonce une « obstruction systématique » et une « collusion avec les Frères musulmans ». Adoptée par 157 voix contre 101, la résolution symbolique est présentée par Wauquiez comme « un premier pas dans la lutte contre l’islamisme ».
À gauche, on y voit plutôt un rapprochement inquiétant entre la droite et l’extrême droite. Gabrielle Cathala, députée LFI du Val-d’Oise, ironise : « Je sens que cette journée de niche du Rassemblement national (RN) va être extrêmement longue pour tout le monde. »
Un contexte politique explosif
Cette journée intervient dans un climat politique tendu, marqué par la crise agricole, les tensions au sein de la majorité présidentielle et les divisions à droite. Le gouvernement Lecornu II, fragilisé par les critiques, observe ces affrontements avec méfiance, tandis que l’opposition de gauche dénonce une instrumentalisation des questions sécuritaires.
Alors que la France s’enfonce dans une crise de la démocratie locale, ces débats révèlent une Assemblée plus que jamais polarisée, où les clivages idéologiques prennent le pas sur le dialogue constructif.