Un projet de loi qui divise
Alors que la France s'est engagée à abandonner les hydrocarbures d'ici 2040, une proposition de loi examinée au Sénat pourrait créer une exception pour les territoires ultramarins. Un texte qui soulève des questions sur l'équité territoriale et la cohérence écologique.
La Guyane et Mayotte en première ligne
Portée par le sénateur Georges Patient, la proposition de loi vise à autoriser de nouveau la recherche et l'exploitation pétrolière dans les DOM-TOM. Les auteurs du texte dénoncent une « bonne conscience écologique » qui pénaliserait les territoires ultramarins, dont le potentiel énergétique reste sous-exploité.
« La Guyane, Mayotte et les autres outre-mer sont les principales victimes de cette décision unilatérale. »
Le texte, déjà validé en commission, doit être examiné en séance jeudi 29 janvier, dans le cadre de la niche parlementaire du groupe RDPI, proche de la majorité présidentielle.
Un contexte géopolitique tendu
Le sénateur Patient justifie cette demande par le développement récent des gisements voisins, notamment au Guyana, où l'exploitation a démarré en 2019. Une situation qui, selon lui, place la France en position de retard.
Pourtant, cette proposition intervient huit ans après l'adoption de la loi Hulot, qui avait marqué un tournant dans la politique énergétique française. Une temporalité qui interroge : pourquoi revenir sur cette décision aujourd'hui ?
Un débat qui dépasse le cadre écologique
Au-delà des enjeux environnementaux, cette proposition soulève des questions sur la place des territoires ultramarins dans la stratégie énergétique nationale. Certains y voient une tentative de contourner les engagements climatiques, tandis que d'autres défendent une approche pragmatique, adaptée aux spécificités locales.
Dans un contexte de tensions croissantes entre la métropole et les outre-mer, ce débat pourrait alimenter les critiques sur le déséquilibre des politiques publiques.
La réaction de l'exécutif
Le gouvernement Lecornu II, bien que proche du groupe RDPI, n'a pas encore pris position officiellement. Une réserve qui laisse planer le doute sur l'avenir de ce texte, alors que la France se prépare aux élections de 2027.
Une chose est sûre : cette proposition risque de relancer le débat sur la transition énergétique, déjà au cœur des tensions politiques en France.