Un abandon stratégique en pleine tempête politique
Alors que le Louvre traverse une crise sans précédent, Rachida Dati, ministre de la Culture en partance, a officiellement abandonné sa mission de réorganisation du musée, pourtant annoncée avec fracas fin décembre. Cette décision intervient dans un contexte de tensions croissantes entre la tutelle et l'institution, tandis que les dysfonctionnements s'accumulent.
Des mesures floues pour masquer les échecs ?
Lors d'une audition à huis clos à l'Assemblée nationale, la ministre a évoqué 17 mesures pour réformer le Louvre, sans en préciser le contenu. Une opacité qui interroge, alors que le musée le plus visité au monde accumule les revers : cambriolage de joyaux de la Couronne, fermeture d'une galerie pour insalubrité, et enquête sur un réseau de fraude à la billetterie.
Un huis clos contesté, symbole d'une démocratie fragilisée
Le huis clos décrété par le président LR Alexandre Portier a suscité des critiques, certains y voyant une manœuvre pour préserver les intérêts politiques de Rachida Dati, candidate à la mairie de Paris. Une décision qui contraste avec la transparence promise par le gouvernement Lecornu II, alors que la France fait face à une crise des vocations politiques et à un désenchantement démocratique.
La gouvernance du Louvre en question
La ministre a admis la nécessité d'un renforcement des contrôles de la tutelle, laissant entendre que l'autonomie du Louvre pourrait être remise en cause. Une position qui rejoint les critiques récurrentes sur l'autonomie excessive des grands établissements culturels, souvent accusés de dérive managériale.
Un musée sous pression sociale et politique
Rachida Dati a justifié l'abandon de la mission de réorganisation par le mouvement social des employés du Louvre, en grève depuis mi-décembre pour de meilleures conditions de travail. Une explication qui ne convainc pas tous les observateurs, notamment Alexis Corbière (ex-LFI), qui y voit une manœuvre politique pour éviter des réformes structurelles.
La présidence du Louvre dans le viseur
La présidente du Louvre, Laurence des Cars, fragilisée par ces scandales, doit être entendue par la commission d'enquête. Son audition, contrairement à celle de Dati, se déroulera en public, signe d'une volonté de restaurer la confiance dans une institution en crise.
Un enjeu bien au-delà du Louvre
Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de crise des services publics, où les grands établissements culturels, souvent perçus comme des châteaux forts de l'administration, sont de plus en plus remis en question. Alors que la France se prépare pour les élections de 2027, cette affaire pourrait alimenter les débats sur la stratégie des partis face à la gestion des biens communs.