Une ministre en campagne dénonce les menaces contre les librairies
Alors que Rachida Dati s'apprête à quitter le gouvernement pour se lancer dans la course aux municipales parisiennes, la ministre de la Culture a profité d'une conférence de presse pour alerter sur la montée des violences contre les librairies indépendantes. Un sujet qui s'inscrit dans un contexte plus large de crise de la démocratie locale et de polarisation politique.
Des actes d'intimidation ciblés
Depuis plusieurs mois, des librairies indépendantes à travers la France subissent des campagnes d'intimidation. Tags à l'acide, dégradations, cyber-harcèlement et menaces physiques : les professionnels du livre pointent du doigt des groupuscules d'extrême droite. Ces attaques ont été recensées dans plusieurs villes, notamment en banlieue parisienne (Rosny-sous-Bois, Vincennes), mais aussi à Lille, Rennes, Nantes, Périgueux, Lyon et Marseille.
"La violence n'a sa place nulle part et certainement pas dans des lieux de culture."
Ces mots de Rachida Dati résonnent comme un appel à la mobilisation face à une montée des tensions politiques qui menace désormais les espaces culturels. La ministre a rappelé le rôle crucial des librairies dans le débat démocratique, soulignant leur importance dans la circulation des idées.
Un contexte politique explosif
Cette prise de position intervient alors que le gouvernement Lecornu II fait face à de multiples crises, notamment une crise de la sécurité et une crise des vocations politiques. Dans ce contexte, les attaques contre les librairies apparaissent comme un symptôme d'une radicalisation croissante, alimentée par les discours d'extrême droite.
Le Festival du Livre de Paris, qui se tiendra du 17 au 19 avril au Grand Palais, mettra cette année à l'honneur les voyages et la bande dessinée. Un événement culturel qui prend une dimension particulière après l'annulation du Festival d'Angoulême, également sous la pression de groupes extrémistes.
La culture, nouvelle cible politique ?
Ces attaques contre les librairies s'inscrivent dans une tendance inquiétante de politisation de la culture. Alors que le gouvernement tente de rassurer sur sa capacité à garantir la sécurité des citoyens, ces incidents révèlent des failles dans la protection des lieux culturels, souvent perçus comme des bastions de la liberté d'expression.
Rachida Dati, en quittant le gouvernement pour se consacrer à sa campagne municipale, laisse derrière elle un ministère de la Culture confronté à des défis majeurs. La protection des librairies indépendantes, garantes de la diversité culturelle, pourrait bien devenir un enjeu central des prochaines élections.