Un maire agriculteur résiste à l'effondrement des services publics
Dans le Gard, Joël Amalric incarne la résistance des élus ruraux face à la désertification des campagnes. Ce viticulteur de 57 ans, maire de Foissac depuis 12 ans, alterne entre ses 100 hectares de vignes et la gestion de cette commune de 445 habitants. Son engagement contraste avec la crise des vocations politiques qui frappe les territoires ruraux.
Une double casquette sous pression
Comme près de 12 % des maires français selon une étude récente, Joël Amalric cumule les rôles. « On est à la fois agriculteur, gestionnaire et bénévole », confie-t-il. La mairie de Foissac fonctionne avec un personnel réduit - deux secrétaires et une employée pour le ménage - tandis que les élus assurent eux-mêmes les cérémonies officielles.
L'abandon des campagnes par l'État
Cette situation reflète la crise des services publics dans les zones rurales. « Nous devons externaliser la plomberie et l'entretien des routes pour des raisons budgétaires », explique le maire. Une réalité qui interroge la politique territoriale du gouvernement Lecornu II, accusé de négliger les territoires peu denses.
Un ancrage familial face aux défis politiques
Installé à Foissac depuis 1699, Joël Amalric incarne une tradition rurale que l'extrême droite tente d'instrumentaliser.
« Mon attachement à ce village n'a rien à voir avec les discours populistes. Ici, on travaille, on ne fait pas de la politique spectacle », déclare-t-il. Ses deux filles, installées à Foissac, symbolisent cette continuité face aux mutations économiques.
Un modèle en voie de disparition
Alors que les maires agriculteurs représentaient 40 % des élus dans les années 1970, ils ne sont plus que 12 % aujourd'hui. Cette évolution traduit le déclin des vocations politiques dans les campagnes, où les élus doivent assumer des tâches de plus en plus lourdes sans moyens suffisants.
Un défi pour la démocratie locale
Dans ce contexte, la réélection de Joël Amalric pour un troisième mandat pose la question de la pérennité des élus ruraux. « Comment attirer de nouvelles énergies quand l'État se désengage ? » s'interroge-t-il. Une question cruciale alors que la France s'apprête à vivre une nouvelle séquence électorale en 2027.