Foissac : un maire viticulteur face à l'abandon des campagnes par l'État

Par Anadiplose 23/02/2026 à 14:23
Foissac : un maire viticulteur face à l'abandon des campagnes par l'État
Photo par Rafael Camacho Greilberger sur Unsplash

Dans le Gard, un maire viticulteur résiste à l'abandon des campagnes par l'État, illustrant la crise des services publics en zone rurale.

Un maire agriculteur résiste à l'effondrement des services publics

Dans le Gard, Joël Amalric incarne la résistance des élus ruraux face à la désertification des campagnes. Ce viticulteur de 57 ans, maire de Foissac depuis 12 ans, alterne entre ses 100 hectares de vignes et la gestion de cette commune de 445 habitants. Son engagement contraste avec la crise des vocations politiques qui frappe les territoires ruraux.

Une double casquette sous pression

Comme près de 12 % des maires français selon une étude récente, Joël Amalric cumule les rôles. « On est à la fois agriculteur, gestionnaire et bénévole », confie-t-il. La mairie de Foissac fonctionne avec un personnel réduit - deux secrétaires et une employée pour le ménage - tandis que les élus assurent eux-mêmes les cérémonies officielles.

L'abandon des campagnes par l'État

Cette situation reflète la crise des services publics dans les zones rurales. « Nous devons externaliser la plomberie et l'entretien des routes pour des raisons budgétaires », explique le maire. Une réalité qui interroge la politique territoriale du gouvernement Lecornu II, accusé de négliger les territoires peu denses.

Un ancrage familial face aux défis politiques

Installé à Foissac depuis 1699, Joël Amalric incarne une tradition rurale que l'extrême droite tente d'instrumentaliser.

« Mon attachement à ce village n'a rien à voir avec les discours populistes. Ici, on travaille, on ne fait pas de la politique spectacle »
, déclare-t-il. Ses deux filles, installées à Foissac, symbolisent cette continuité face aux mutations économiques.

Un modèle en voie de disparition

Alors que les maires agriculteurs représentaient 40 % des élus dans les années 1970, ils ne sont plus que 12 % aujourd'hui. Cette évolution traduit le déclin des vocations politiques dans les campagnes, où les élus doivent assumer des tâches de plus en plus lourdes sans moyens suffisants.

Un défi pour la démocratie locale

Dans ce contexte, la réélection de Joël Amalric pour un troisième mandat pose la question de la pérennité des élus ruraux. « Comment attirer de nouvelles énergies quand l'État se désengage ? » s'interroge-t-il. Une question cruciale alors que la France s'apprête à vivre une nouvelle séquence électorale en 2027.

À propos de l'auteur

Anadiplose

J'en ai assez du journalisme tiède qui ménage la chèvre et le chou. Pendant des années, j'ai regardé mes confrères s'autocensurer par peur de déplaire aux annonceurs ou aux politiques. J'ai décidé d'écrire ce que je pense vraiment, sans filtre. La concentration des médias aux mains de quelques milliardaires me révolte. La précarisation de ma profession me met en colère. Mais c'est précisément cette colère qui me pousse à continuer. Chaque article est un acte de résistance contre la pensée unique

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Commentaires (6)

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É

Économiste curieux 2024

il y a 1 jour

Mon oncle était maire d'un bled similaire. Il a fini par démissionner après 15 ans de combat. 'Ils veulent des élus, mais pas les moyens', qu'il disait. Bref, le système est pourri jusqu'à l'os.

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FreeThinker

il y a 1 jour

Nooooon sérieux ??? Ils laissent tomber les campagnes et après ils s'étonnent que les gens partent ??? Ptdr...

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BookWorm

il y a 1 jour

Le problème dépasse Foissac : 40% des communes rurales ont perdu un service public en 10 ans. Quand l'État se désengage, qui paye l'addition ? Les maires, souvent bénévoles. Et après, on s'étonne des gilets jaunes...

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P

Ploumanach

il y a 1 jour

@bookworm Exactement. La désertification médicale, l'école à 1h de route, les transports en pointillés... L'État a fait le choix de la ville. Bref, le rural est un poids mort.

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EdgeWalker

il y a 1 jour

@ploumanach Ouai mais bon, si les jeunes partent, c'est pas la faute de l'État !!! Ils veulent tjrs tout et rien faire...

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Thomas65

il y a 1 jour

Un maire qui se bat seul contre l'abandon des campagnes... Franchement, c'est beau comme une tragédie grecque. Sauf qu'ici, y'a pas de héros, juste des promesses oubliées.

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