Lyon, capitale des violences d'extrême droite ? La République sous tension

Par Mathieu Robin 21/02/2026 à 16:25
Lyon, capitale des violences d'extrême droite ? La République sous tension

Lyon, épicentre des violences d'extrême droite ? Entre groupuscules identitaires et antifascistes, la ville sombre dans une spirale de violences inquiétante.

Lyon, épicentre des tensions extrémistes

Alors que le pays s'interroge sur la mort tragique de Quentin Deranque, les tensions entre mouvements d'extrême droite et antifascistes atteignent un niveau inédit à Lyon. La ville, traditionnellement ouverte et progressiste, voit son image ternie par une montée des violences politiques qui interroge sur l'efficacité des politiques de sécurité du gouvernement Lecornu.

Des groupuscules en pleine expansion

Entre 400 et 500 militants d'extrême droite seraient actifs dans la région lyonnaise, selon les estimations d'Alain Chevarin, auteur de Lyon et ses extrêmes droites. Ces groupes, souvent dissous puis reconstitués, multiplient les actions violentes. 102 attaques, agressions et actes haineux leur sont imputés depuis 2010, selon des sources journalistiques.

Ils ont de plus en plus décidé de travailler ensemble. Ce qui les rassemble est plus fort que ce qui les sépare.

Alain Chevarin, auteur spécialiste des mouvements radicaux

L'État face à l'impasse sécuritaire

Malgré les dissolutions successives d'associations comme Génération Identitaire ou Les Remparts, les violences persistent. Le gouvernement, critiqué pour son laxisme présumé, a vu ses efforts contrecarrés par la résilience de ces groupes. La dissolution de Génération identitaire confirmée par le Conseil d'État n'a pas suffi à endiguer le phénomène.

Antifascistes sous les projecteurs

Face à cette montée en puissance, les mouvements antifascistes se structurent. La Jeune Garde, condamnée en août 2025 pour violences, est aujourd'hui suspectée d'être impliquée dans la mort de Quentin Deranque. Jean-Yves Camus, politologue, souligne la complexité de ces dynamiques :

L'antifascisme défensif, c'est l'idée d'occuper la rue, en ayant la possibilité, éventuellement, d'avoir recours à la violence.

Jean-Yves Camus, Observatoire des radicalités politiques

Un climat de guerre civile larvée

Les tensions entre ces deux camps dégénèrent régulièrement en affrontements violents. Lyon, ville symbolique de la résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, devient aujourd'hui le théâtre d'une guerre des rues qui interroge sur la capacité de l'État à garantir la sécurité. Le député insoumis Éric Coquerel dénonce une hystérisation du débat politique et appelle à une mobilisation accrue contre ces dérives.

Le gouvernement sous pression

Alors que le président Emmanuel Macron appelle au calme, les critiques pleuvent sur la gestion de cette crise. La droite radicale, elle, profite de cette situation pour renforcer son influence. Dans ce contexte, la question de la sécurité devient un enjeu majeur pour les élections à venir.

À propos de l'auteur

Mathieu Robin

Cofondateur de politique-france.info, je vous présente l'actualité politique grâce à mon expertise sur les relations France-Europe.

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Commentaires (8)

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Trégor

il y a 3 jours

Le problème économique aggrave les tensions. Quand les gens ont peur pour leur emploi, ils cherchent des boucs émissaires. Et les politiques ferment les yeux. Pk ?

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Postulat

il y a 3 jours

@tregor Comme d'hab, on en parle après les élections. En attendant, les caïds locaux font leur marché. La belle démocratie.

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Enlightenment

il y a 3 jours

Mouais... on parle d'extrême droite, mais les antifas cassent aussi. Bref, tout le monde est content.

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Tirésias

il y a 3 jours

Bon... c'est ça la démocratie. Des groupes qui s'affrontent, des flics qui hésitent, et nous au milieu. Comme d'hab.

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Véronique de Poitou

il y a 3 jours

@tiresias Franchement, c'est pas un peu exagéré ?! On a tjrs eu des tensions, mais là c'est différent. Sa devient dangereux !

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Beauvoir

il y a 3 jours

Nooooon mais sérieux ??? Lyonnais en mode guerre civile maintenant ??? J'habite à Villeurbanne et j'ai peur de sortir le soir...

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Eva13

il y a 3 jours

La montée des violences politiques à Lyon s'inscrit dans un contexte plus large de polarisation identitaire. On observe des dynamiques similaires en Italie ou en Allemagne, où les tensions entre groupes se radicalisent. La question est : jusqu'où laissera-t-on cette escalade avant d'agir ?

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datadriven

il y a 3 jours

@eva13 Exactement ! Et c'est toujours les mêmes qui trinquent. J'ai vu des potes se faire tabasser à la manif l'année dernière, et la police a regardé ailleurs. Où est la neutralité ?

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