Lynchage politique : l'extrême droite instrumentalise la mort d'un militant pour diviser la France

Par Mathieu Robin 16/02/2026 à 09:10
Lynchage politique : l'extrême droite instrumentalise la mort d'un militant pour diviser la France

L'extrême droite instrumentalise la mort d'un militant nationaliste pour diviser la France. Rassemblement à la Sorbonne, accusations contre l'ultragauche, et tensions politiques.

Un rassemblement sous tension devant la Sorbonne

Dimanche 15 février, plusieurs dizaines de militants d'extrême droite et nationalistes se sont rassemblés devant l'université de la Sorbonne à Paris pour rendre hommage à Quentin Deranque, un étudiant de 23 ans mort des suites d'une violente agression à Lyon. Sous une banderole proclamant "Antifas assassins, justice pour Quentin", les participants ont transformé ce rassemblement en tribune politique, accusant sans preuve l'ultragauche d'être responsable de la mort du jeune homme.

Un discours martyrisant et polarisant

Parmi les orateurs, Baptiste, un proche de la victime, a qualifié Quentin de "martyr" et de "héros", instrumentalisant son décès pour stigmatiser les militants antifascistes.

"Tu étais un héros, tu es aujourd'hui un martyr"
, a-t-il déclaré, appelant à une prière collective. Des figures de l'extrême droite comme Marion Maréchal et Éric Zemmour étaient présentes, renforçant le caractère politique de l'événement.

La justice pointée du doigt

Alors que le parquet de Lyon doit faire le point sur l'enquête lundi 16 février, le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez a déjà attribué l'agression à l'ultragauche, citant le collectif antifasciste La Jeune Garde, dissous en juin 2025. Cependant, Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, a dénoncé des "récits sans rapport avec la réalité", rappelant que son parti condamne toute violence politique.

Une instrumentalisation politique inquiétante

L'affaire a provoqué une tempête politique, avec une forte pression sur La France insoumise, accusée d'avoir nourri la "violence politique". Pourtant, les faits restent flous, et l'enquête se concentre désormais sur l'identification des auteurs directs. Dans ce contexte, le gouvernement Lecornu II et Emmanuel Macron sont sous pression pour apaiser les tensions, tandis que l'extrême droite tente de capitaliser sur ce drame pour diviser le pays.

Témoignages et réactions

Parmi les participants, des lycéens et des parents ont exprimé leur peur d'une montée des violences politiques.

"Quentin aurait pu être mon fils"
, a confié Marie, mère de trois garçons. Cependant, ces témoignages sont utilisés pour alimenter un discours de victimisation, alors que les véritables responsables de l'agression restent à déterminer.

Un contexte de radicalisation

Cette affaire s'inscrit dans un climat de radicalisation croissante, où les groupes identitaires et nationalistes cherchent à imposer leur agenda politique. Alors que la France fait face à des défis majeurs, comme la crise agricole et la montée des inégalités, l'extrême droite tente de détourner l'attention vers des clivages stériles, au détriment de l'unité nationale.

À propos de l'auteur

Mathieu Robin

Cofondateur de politique-france.info, je vous présente l'actualité politique grâce à mon expertise sur les relations France-Europe.

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Commentaires (3)

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Tangente

il y a 4 jours

La mort d'un militant instrumentalisée... et après ? On va encore se bouffer entre nous pendant que les vrais problèmes s'accumulent. Bref, la politique française en 2024, quoi.

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W

WaveMaker

il y a 4 jours

@cynique-bienveillant Franchement, ton analyse est intéressante, mais bon, à force de tout analyser, on oublie de réagir. La France brûle, et nous on discute chiffres et contextes...

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A

Ainhoa

il y a 4 jours

L'extrême droite en mode 'diviser pour mieux régner', comme d'hab. La Sorbonne en terrain de jeu politique, c'est pathétique.

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