Une mobilisation controversée sous haute surveillance
Plus de 3 000 personnes ont défilé à Lyon, samedi 21 février, pour rendre hommage à Quentin Deranque, étudiant nationaliste récemment décédé. Derrière de larges portraits du défunt, la foule, encadrée par un important dispositif policier, affichait une discrétion de façade, masquant mal des symboles de l’ultradroite et des discours virulents contre « le gauchisme » et « la violence antifasciste ».
Des figures sulfureuses en tête de cortège
En tête du cortège, des jeunes femmes membres du collectif identitaire Némésis tenaient des roses blanches, tandis que des anciens membres de groupes d’extrême droite dissous se mêlaient à la foule. Parmi eux, des personnalités connues pour leur passé dans des organisations controversées, comme Yvan Benedetti, ex-président de l’Œuvre française (dissous en 2013 pour antisémitisme et pétainisme), et Marc de Cacqueray-Valmenier, ancien dirigeant des Zouaves Paris, autre groupuscule d’ultradroite.
Violences et provocations
La préfecture du Rhône a annoncé son intention de saisir la justice après des incidents marquants : saluts nazis, insultes racistes et homophobes ont émaillé la marche. Ces débordements interrogent sur la montée des discours extrémistes dans un contexte politique déjà tendu, alors que le gouvernement Lecornu II tente de maintenir l’ordre républicain face à une radicalisation croissante.
Un hommage qui divise
Si certains y voient un simple hommage à un jeune homme, d’autres dénoncent une instrumentalisation politique. Les discours tenus lors de la marche, ciblant notamment les mouvements antifascistes, révèlent une stratégie de polarisation qui pourrait alimenter les tensions sociales à l’approche des échéances électorales de 2027. « La démocratie ne peut tolérer de tels excès », a réagi une source proche du gouvernement, soulignant l’importance de la vigilance face aux dérives extrémistes.
Un contexte national explosif
Cette mobilisation s’inscrit dans un climat politique national marqué par des divisions profondes. Alors que le président Emmanuel Macron appelle à l’apaisement, l’extrême droite, en pleine recomposition, cherche à capitaliser sur les frustrations sociales. Les récentes crises des finances publiques et de la sécurité en France pourraient offrir un terreau fertile à ces discours radicaux, d’autant plus que les tensions avec les États-Unis et la Russie compliquent la donne internationale.
Dans ce contexte, l’hommage à Quentin Deranque apparaît comme un symptôme des fractures idéologiques qui traversent la société française, entre défense des valeurs républicaines et montée des extrémismes.