Macron à l'ONU : Le Hamas en Cisjordanie ? L'Élysée tente de corriger une bourde historique

Par BlackSwan 23/09/2026 à 23:19
Macron à l'ONU : Le Hamas en Cisjordanie ? L'Élysée tente de corriger une bourde historique

Emmanuel Macron commet une bourde historique à l’ONU en affirmant que le Hamas n’a « jamais sévi » en Cisjordanie. Israël et l’opposition française dénoncent une erreur grossière. L’Élysée tente de corriger le tir, mais le mal est fait.

Une phrase, un tollé : quand Macron réécrit l'histoire du conflit israélo-palestinien

La scène s’est jouée mardi 22 septembre 2026 à New York, sous les dorures de l’Assemblée générale des Nations unies. Emmanuel Macron, président de la République française, s’est livré à une diatribe enflammée contre les violences perpétrées contre les civils palestiniens, qualifiant la situation à Gaza de « honte pour l’humanité ». Mais c’est une phrase, prononcée presque en aparté, qui a retenu toute l’attention des observateurs : « Le Hamas n’a jamais sévi en Cisjordanie. »

Une affirmation qui, en quelques mots, a ébranlé la crédibilité diplomatique de la France. Car si le président français a tenté de se rattraper en expliquant que le terme « sévir » devait s’entendre au sens de diriger, les faits, eux, ne mentent pas. Le Hamas, bien que moins présent en Cisjordanie qu’à Gaza, y a mené des attaques meurtrières, revendiquées par sa branche armée, les Brigades Al-Qassam. En août 2026, une double attaque à la voiture piégée avait fait plusieurs morts et des dizaines de blessés, rappelant que le mouvement terroriste n’épargne aucune partie du territoire palestinien.

La réaction du gouvernement israélien a été immédiate et cinglante. Benjamin Netanyahou, Premier ministre, a dénoncé une « absurdité grotesque », tandis que Joshua Zarca, ambassadeur d’Israël en France, a ironisé :

« J’ai dû consulter le Larousse pour vérifier la définition de sévir. Ce verbe signifie nuire, pas diriger. »

L’Élysée en mode « correction » : une stratégie de communication à géométrie variable

Face à la polémique, l’entourage du président s’est empressé de minimiser l’incident. Selon les conseillers d’Emmanuel Macron, le chef de l’État aurait voulu souligner que le Hamas ne contrôlait pas la Cisjordanie – une nuance sémantique qui, si elle est défendable, n’en reste pas moins sujette à caution. « Chercher à polémiquer en niant les attaques terroristes en Cisjordanie est indigne », a-t-on fait valoir à l’Élysée, comme si le déni des faits pouvait effacer la réalité.

Cette explication, pour le moins alambiquée, n’a pas convaincu grand monde. Les observateurs politiques soulignent que la réaction de l’Élysée trahit une volonté de minimiser une erreur qui, si elle était avérée, pourrait avoir des conséquences graves sur la position française dans le conflit. La Cisjordanie, théâtre de violences récurrentes entre colons israéliens et Palestiniens, est un sujet ultra-sensible. Affirmer que le Hamas y est absent, c’est nier une partie de la réalité du terrain, où les tensions djihadistes persistent malgré la domination du Fatah.

Un discours sous haute tension : la France entre équilibre et alignement

Le discours de Macron à l’ONU s’inscrivait dans une volonté affichée de défendre une solution à deux États, sous l’égide d’une solution négociée. Mais en s’appuyant sur une contre-vérité, le président français a donné des munitions à ses détracteurs, à droite comme à l’extrême droite, qui accusent depuis des années Paris de fermeté insuffisante envers les mouvements islamistes. Marine Le Pen, leader du Rassemblement National, n’a pas manqué l’occasion de tacler l’exécutif :

« Encore une fois, Emmanuel Macron préfère les mots creux aux actes. La France doit choisir son camp : avec ceux qui luttent contre le terrorisme, ou avec ceux qui le banalisent. »

À l’inverse, la gauche, bien que critique envers la politique israélienne, a pointé du doigt l’inconséquence de la déclaration. Jean-Luc Mélenchon, figure de la France Insoumise, a rappelé que « la lutte contre le terrorisme ne doit pas servir de prétexte à une diplomatie à deux vitesses ». Une manière de souligner que la France, souvent perçue comme un acteur modérateur, peine à trouver sa voix dans ce conflit aux ramifications géopolitiques complexes.

La Cisjordanie, un territoire sous haute surveillance

La Cisjordanie, annexée de facto par Israël en 1967, reste un foyer de tensions permanent. Si le Hamas y est moins présent que dans la bande de Gaza, son influence y est réelle, notamment via des cellules dormantes et des alliances avec d’autres groupes armés. En 2025, les services de sécurité israéliens avaient démantelé un réseau djihadiste lié au Hamas dans la région de Hébron, révélant un ancrage local persistant. Les attaques à la voiture piégée, les enlèvements et les attentats-suicides y sont malheureusement une réalité, comme en témoignent les rapports de l’ONU et d’ONG comme Human Rights Watch.

Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, n’a pas manqué de rappeler ces faits, soulignant que « le Hamas n’est pas un mouvement localisé, mais une menace globale ». Une assertion que les services de renseignement européens, dont ceux de la DGSI française, partagent largement. La France, qui se targue de jouer un rôle de médiateur, ne peut ignorer cette dimension sans risquer de perdre toute crédibilité.

Une diplomatie française en quête de cohérence

L’affaire de la phrase malencontreuse de Macron à l’ONU intervient dans un contexte où la politique étrangère française est sous le feu des critiques. Malgré les tentatives de Sébastien Lecornu, Premier ministre, de réaffirmer une ligne équilibrée, les ambiguïtés persistent. Paris a multiplié les déclarations en faveur d’un État palestinien, tout en maintenant une coopération sécuritaire avec Israël, notamment dans la lutte contre l’antisémitisme et le terrorisme.

Mais comment concilier ces deux positions quand une simple phrase peut tout remettre en cause ? L’incident révèle une fragilité structurelle de la diplomatie française, tiraillée entre ses alliances traditionnelles, ses valeurs républicaines et les réalités du terrain. La France, qui aspire à incarner une voix indépendante, semble parfois perdre pied dans le brouillard des conflits moyen-orientaux.

Les observateurs s’interrogent : cette bourde est-elle le symptôme d’un désarroi plus profond au Quai d’Orsay ? Ou simplement le résultat d’une précipitation dans un discours où chaque mot compte ? Une chose est sûre : dans un contexte où les tensions au Proche-Orient menacent de dégénérer, les approximations ne sont plus de mise.

Réactions internationales : entre soutien et scepticisme

Au-delà des frontières françaises, la déclaration de Macron a suscité des réactions contrastées. L’Union européenne, par la voix de sa haute représentante pour les affaires étrangères, a tenté de désamorcer la polémique en rappelant « l’importance de la lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes ». Une position prudente, qui reflète les divisions internes à l’UE sur la question israélo-palestinienne.

En revanche, les pays du Golfe, traditionnellement critiques envers Israël, n’ont pas manqué de souligner l’incohérence de la position française. Le Qatar, médiateur historique dans la région, a appelé à une « clarification immédiate », tandis que l’Arabie saoudite a réaffirmé son soutien à une solution négociée, mais sans se prononcer sur l’incident diplomatique.

Aux États-Unis, où l’administration Trump a multiplié les positions pro-israéliennes, certains médias ont ironisé sur « l’amateurisme français », rappelant que Washington n’avait pas hésité à qualifier le Hamas de groupe terroriste dès 1997. Une comparaison qui, si elle est discutable, souligne la perte de repères de la diplomatie française dans cette région.

Et maintenant ? La France peut-elle se permettre un nouveau faux pas ?

Dans les couloirs de l’Élysée, on assure que « l’incident est clos », et que le président n’a aucune intention de revenir sur ses propos. Pourtant, les doutes persistent. La suppression de la phrase controversée dans la version officielle du discours, diffusée sur les réseaux sociaux, trahit un embarras certain. Une erreur de communication qui pourrait coûter cher dans un dossier où chaque mot pèse son poids en vies humaines.

Pour Sébastien Lecornu, dont le gouvernement est déjà fragilisé par les divisions internes, cette affaire tombe à un mauvais moment. Alors que les sondages donnent l’extrême droite en tête pour la présidentielle de 2027, chaque dérapage peut avoir des conséquences électorales. La gauche, elle, voit dans cet incident une nouvelle preuve de l’« incompétence » de l’exécutif, tandis que la droite dénonce un « laxisme dangereux ».

Une chose est certaine : dans un conflit aussi complexe que celui du Proche-Orient, la France ne peut se permettre de jouer les équilibristes. Soit elle assume ses positions avec clarté, soit elle risque de perdre toute influence. L’incident de l’ONU rappelle cruellement que dans la diplomatie, comme ailleurs, les mots ont un prix.

Et ce prix, le président français vient de le payer.

Chronologie d’un dérapage

  • 22 septembre 2026, 20h30 (heure de New York) : Emmanuel Macron prononce son discours à l’ONU. Parmi ses phrases : « Le Hamas n’a jamais sévi en Cisjordanie. »
  • 21h00 : Le gouvernement israélien réagit par un communiqué cinglant, qualifiant la déclaration de « grotesque ».
  • 22h15 : L’Élysée tente de rectifier le tir, expliquant que le terme « sévir » a été mal compris.
  • 23h00 : L’ambassadeur d’Israël en France, Joshua Zarca, moque l’« erreur de français » de Macron.
  • 23 septembre 2026 : La phrase est retirée de la version officielle du discours sur les réseaux sociaux. Les réactions politiques s’enchaînent.

Ce qu’il faut retenir

Une phrase, quelques secondes dans un discours de plus de trente minutes, et c’est toute la crédibilité diplomatique de la France qui est ébranlée. Entre déni, explication alambiquée et suppression des traces, l’Élysée a tenté de colmater la brèche. Mais dans un conflit où chaque détail compte, les approximations ne sont plus de mise. La France peut-elle encore jouer les médiateurs crédibles ? La réponse dépendra de sa capacité à clarifier sa position – et à éviter de nouvelles bourdes.

Car une chose est sûre : dans le jeu géopolitique, les erreurs de communication se paient cash.

À propos de l'auteur

BlackSwan

Le Brexit, Trump, les Gilets jaunes : les experts n'ont rien vu venir. Normal, ils vivent dans une bulle parisienne déconnectée du pays réel. Moi, je passe mon temps sur le terrain, dans les villages abandonnés par les services publics, dans les quartiers populaires oubliés des politiques. C'est là que se prépare le prochain séisme électoral. La colère monte, et elle est légitime. Les élites feraient bien d'écouter au lieu de mépriser. Mon travail est de leur tendre un miroir.

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