Un avertissement solennel face aux pressions américaines
Dans un entretien publié ce mardi 10 février par plusieurs médias européens, le président Emmanuel Macron a tiré la sonnette d'alarme sur les menaces commerciales persistantes des États-Unis. Selon lui, l'Europe risque d'être balayée si elle ne se dote pas rapidement d'une préférence européenne dans les secteurs stratégiques.
Des intimidations qui ne faiblissent pas
Le chef de l'État met en garde contre un lâche soulagement des dirigeants européens, qui croient à tort que les tensions avec Washington sont derrière eux.
"Il y a les menaces et les intimidations. Et puis, d'un seul coup, Washington recule. Et on pense que c'est fini. Mais n'y croyez pas une seule seconde."Il cite notamment les secteurs de la pharmacie et du numérique comme cibles constantes.
Une stratégie de soumission inefficace
Macron critique ouvertement la stratégie d'accommodement adoptée jusqu'ici, qu'il juge non payante et dangereuse pour l'indépendance européenne. "On a essayé cette stratégie pendant des mois, elle n'est pas payante. Mais surtout, elle conduit stratégiquement l'Europe à accroître sa dépendance."
Un appel à la protection industrielle
Alors que les dirigeants européens se réunissent cette semaine sur la compétitivité, le président plaide pour la simplification du marché intérieur, la diversification des partenariats et surtout la protection des industries européennes. Sans tomber dans le protectionnisme, il défend une préférence européenne dans des secteurs clés comme les cleantechs, la chimie, l'acier, l'automobile ou la défense.
Un projet européen d'endettement commun relancé
Emmanuel Macron revient également sur son idée d'un endettement commun européen, une proposition ancienne mais toujours rejetée par plusieurs pays. Il évalue les besoins d'investissement publics et privés à 1 200 milliards d'euros par an, un montant colossal qui nécessiterait une solidarité financière renforcée.
Le SCAF, symbole d'une Europe souveraine
Le président salue le projet de futur avion de combat européen (SCAF), fruit de la coopération franco-allemande, qui remplacera les Rafale et Eurofighter d'ici 2040. Ce programme, qualifié de bon projet, incarne selon lui la nécessité d'une défense européenne autonome.
Une Europe face à ses contradictions
Alors que la Commission européenne a fait lundi des propositions similaires à celles de Macron, la question de la souveraineté industrielle divise toujours les 27. La France, soutenue par des pays comme l'Allemagne et l'Italie, se heurte à l'opposition de pays du Nord et de la Hongrie, qui craignent un glissement vers un protectionnisme excessif.
Un contexte international tendu
Cette prise de position intervient dans un contexte de relations franco-américaines fragilisées, notamment depuis les tensions autour des subventions américaines pour les industries vertes. Les États-Unis, sous la pression d'un Congrès de plus en plus isolationniste, multiplient les mesures protectionnistes, mettant en danger les intérêts européens.