Un bras de fer fiscal qui tourne au fiasco
Alors que la France tentait de renforcer sa taxation des géants du numérique, Washington a fait plier Paris sous la menace de sanctions commerciales. Une capitulation qui interroge sur l'indépendance fiscale du pays.
L'amendement qui dérangeait trop
Fin octobre 2025, plusieurs députés français, de tous bords politiques, proposaient d'augmenter la taxe sur les GAFAM de 3% à 15%. Une mesure de bon sens pour contraindre ces multinationales à participer équitablement à l'effort fiscal français. Mais le projet a rapidement heurté les intérêts américains.
Les menaces américaines, arme de dissuasion massive
Le 27 octobre 2025, le Comité des voies et moyens de la Chambre des représentants américain menace Paris de représailles si la taxe était augmentée.
L'initiative française constituerait une attaque injustifiée contre les entreprises numériques américaines, déclarait le communiqué.
Bercy recule, les lobbys avancent
Face à ces pressions, le ministre de l'Économie Roland Lescure met en garde les députés :
Il faut être conscient que quand on rentre dans un match, on rentre dans un match. Une capitulation qui a permis aux lobbys de l'alcool de faire pression à leur tour sur les parlementaires.
La démocratie française sous influence
Les députés de gauche et d'écologie dénoncent un chantage inacceptable.
Le gouvernement active des inquiétudes et des peurs au lieu de penser les accompagnements de décisions indispensables, s'indigne Arnaud Bonnet (EELV).
Un précédent dangereux
En 2019 déjà, les États-Unis avaient ouvert une enquête contre la France pour la taxe GAFAM. Mais cette fois, le gouvernement français a préféré céder, malgré les appels à la résistance de plusieurs sénateurs.
Les conséquences d'une politique de soumission
Cette affaire révèle une nouvelle fois la faiblesse de la France face aux pressions américaines. Alors que l'Union européenne tente de renforcer son autonomie fiscale, Paris semble préférer les compromis aux principes.