Un choix politique contesté
Dans sa quête d'économies, le gouvernement Lecornu II a pris une décision qui pourrait avoir des conséquences dramatiques sur l'emploi des jeunes. En réduisant les aides à l'apprentissage pour les formations supérieures, l'exécutif prend le risque de freiner des recrutements déjà fragilisés par un marché du travail en berne.
Des primes amputées, des emplois menacés
Les entreprises qui recrutent des apprentis en BTS ne percevront plus que 4 500 euros (contre 5 000 auparavant) si elles emploient moins de 250 salariés, et seulement 1 500 euros pour les plus grandes. Pour les licences, masters ou diplômes d'ingénieurs, la baisse est encore plus brutale : 2 000 euros pour les PME et 750 euros pour les autres.
Une mesure qui contraste avec le maintien des aides pour les jeunes en CAP, BEP ou bac pro, comme si le gouvernement considérait que seuls les moins qualifiés méritaient un soutien.
Un calcul budgétaire aux dépens de la jeunesse
Le gouvernement justifie cette réforme par des économies nécessaires : 200 millions d'euros en 2026, 700 millions en 2027. Une somme dérisoire au regard des 14 milliards dépensés annuellement pour l'apprentissage, mais qui pourrait coûter cher en termes d'emploi.
« Ce n'est pas le moment de réduire les aides. La conjoncture se tend, et le chômage des jeunes remonte. »
Les employeurs craignent une baisse rapide des contrats, passant de 830 000 à 700 000 par an. Une perspective inquiétante alors que la France peine déjà à intégrer ses jeunes dans le marché du travail.
Une politique au service des plus favorisés
L'exécutif assume son choix : selon lui, les jeunes qualifiés (BTS et supérieur) n'auraient pas besoin de ces aides pour être embauchés. Une vision élitiste qui oublie les difficultés réelles des entreprises à recruter, même pour des profils qualifiés.
Cette réforme s'inscrit dans une logique budgétaire courte, au détriment d'une politique d'insertion professionnelle ambitieuse. Alors que la gauche dénonce une « politique de classe », le gouvernement persiste, privilégiant les économies sur l'avenir des jeunes.
Un contexte économique et social explosif
Alors que la crise industrielle et agricole fragilise l'économie française, cette mesure pourrait aggraver les tensions sociales. Les jeunes, déjà touchés par le chômage, verront leurs perspectives d'emploi se réduire encore.
Dans un pays où la démocratie locale est en crise et où les vocations politiques se raréfient, cette décision pourrait alimenter un sentiment de défiance envers les institutions.