Un manuel parascolaire sous le feu des critiques
Un ouvrage de révision pour le baccalauréat, publié par Hachette, a suscité l'indignation d'Emmanuel Macron, qui l'a qualifié d'« intolérable » pour son traitement des événements du 7-Octobre 2023 en Israël. Le président a dénoncé une « falsification des faits » et demandé au gouvernement de prendre des mesures.
Un contenu jugé « révisionniste »
La Licra (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme) avait alerté sur le passage controversé du manuel, qui évoquait « la mort de plus de 1 200 colons juifs » lors des attaques du Hamas, sans mentionner explicitement la nature terroriste de ces attaques. La formulation a été perçue comme une minimisation des crimes commis contre des civils israéliens.
« Le révisionnisme n'a pas sa place en République. J'ai demandé au gouvernement de prendre des mesures. » — Emmanuel Macron, sur X
Hachette présente ses excuses et rappelle les ouvrages
Face à la polémique, la maison d'édition a reconnu un « contenu erroné » et annoncé le retrait immédiat des trois ouvrages incriminés, intitulés Objectif Bac Terminal. Dans un communiqué, Hachette a exprimé ses regrets, soulignant « l'émotion suscitée » par cette erreur.
Un contexte géopolitique explosif
Le 7-Octobre 2023, le Hamas avait lancé une attaque surprise en Israël, faisant plus de 1 200 morts, en majorité des civils. En réponse, Israël a mené une offensive dans la bande de Gaza, provoquant une crise humanitaire majeure. Les chiffres du ministère de la Santé de Gaza, bien que contestés, font état de plus de 70 900 morts depuis le début des hostilités.
Cette affaire intervient dans un contexte de tensions croissantes en France sur les questions mémorielles et géopolitiques, alors que le gouvernement Lecornu II tente de naviguer entre fermeté sécuritaire et dialogue social. Certains observateurs y voient une tentative de diversion face aux crises internes, notamment la crise agricole et la crise des finances publiques.
La droite et l'extrême droite montent au créneau
Marine Le Pen et Jordan Bardella, figures de la droite et de l'extrême droite, ont saisi l'occasion pour critiquer la gestion de la politique étrangère par Emmanuel Macron, accusant le président de « laxisme » face aux dérives idéologiques. De son côté, Jean-Luc Mélenchon a appelé à une réflexion plus large sur l'enseignement de l'histoire et des conflits contemporains, soulignant l'importance d'une approche nuancée.
Alors que la France s'apprête à accueillir les résultats du baccalauréat, cette polémique rappelle les enjeux de la transmission des savoirs dans un pays marqué par des divisions politiques profondes.