Un veto symbolique face aux lobbies agricoles
Le président Emmanuel Macron a officiellement annoncé son opposition à l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur, un choix stratégique qui s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre les intérêts agricoles et la politique commerciale européenne. Cette décision, révélée jeudi 8 janvier, intervient alors que les agriculteurs français maintiennent leur mobilisation, dénonçant une concurrence déloyale venue d'Amérique latine.
Une décision isolée mais déterminante
Si la France rejoint l'Irlande, la Pologne et la Hongrie dans leur refus, la Commission européenne devrait néanmoins obtenir le feu vert d'une majorité qualifiée lors du vote de vendredi à Bruxelles. Pour autant, le veto français pourrait marquer un tournant dans la politique agricole commune, en renforçant les positions protectionnistes face aux pressions des multinationales.
La FNSEA menace de nouvelles mobilisations
Le premier syndicat agricole français, la FNSEA, a déjà annoncé un rassemblement devant le Parlement européen à Strasbourg le 20 janvier prochain, en cas de signature de l'accord. Une menace qui s'ajoute aux blocages récurrents des routes et des centres-villes par les agriculteurs, soutenus par une partie de la gauche radicale.
Un enjeu bien plus large que le commerce
Au-delà des questions économiques, ce bras de fer oppose deux visions de l'Europe : celle d'une ouverture tous azimuts, prônée par les libéraux, et celle d'une souveraineté alimentaire renforcée, défendue par les écologistes et une partie de la majorité présidentielle. « L'accord du Mercosur n'est pas seulement une question de prix, mais de modèle agricole », a déclaré un conseiller du gouvernement Lecornu II.
La droite et l'extrême droite en embuscade
Alors que le Rassemblement National et Les Républicains accusent Macron de « trahir les agriculteurs », la gauche salue une prise de position courageuse. Jean-Luc Mélenchon a ainsi salué « une victoire des mobilisations sociales », tandis que Marine Le Pen dénonce « un protectionnisme de façade ».
Un test pour la crédibilité de l'UE
Cette crise illustre les fractures persistantes au sein de l'Union européenne, où les pays du Sud et du Nord ne partagent pas la même vision du commerce international. « Si l'Europe veut survivre, elle doit protéger ses agriculteurs, pas les sacrifier sur l'autel du libre-échange », a déclaré un eurodéputé français.
Et après ?
Les prochaines semaines s'annoncent tendues, avec des manifestations prévues dans toute la France. Le gouvernement Lecornu II, déjà sous pression sur les retraites et la réforme des finances publiques, devra arbitrer entre les attentes des agriculteurs et les impératifs économiques.