Une déclaration controversée sur CNews
Le présentateur de L'Heure des pros sur CNews, Pascal Praud, a suscité une vive polémique mardi 13 janvier en déclarant qu'il n'était "pas facile" pour les policiers de s'interposer face à des agriculteurs "blancs" lors des blocages récents. Une phrase qui a immédiatement provoqué l'indignation de plusieurs figures politiques.
La France insoumise et le PS dénoncent un discours raciste
Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise (LFI), a immédiatement réagi sur les réseaux sociaux en qualifiant ces propos de "racistes inacceptables". Son parti a annoncé saisir l'Arcom et le procureur de la République pour "faire cesser ces dérives".
"En France, n'en déplaise à Pascal Praud, la police n'a pas à agir en fonction de la couleur de peau."
Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a également condamné ces déclarations, y voyant une "extrême droite décomplexée" qui "ne masque plus rien de son idéologie".
Pascal Praud se défend : un contexte mal interprété
L'animateur a tenté de justifier ses propos en expliquant qu'ils avaient été "sortis de leur contexte". Il affirmait avoir évoqué un débat récent avec Assa Traoré, militante contre les violences policières, pour souligner que la police française ne faisait "aucune distinction de couleur de peau".
"Quelques secondes avant, nous rapportions les propos d'Assa Traoré qui accusait la police de racisme systémique. J'ai voulu montrer que ce n'était pas le cas."
Un débat qui s'inscrit dans un contexte politique tendu
Cette polémique intervient alors que la France traverse une crise agricole marquée par des blocages massifs et des tensions croissantes entre manifestants et forces de l'ordre. Les propos de Pascal Praud ont été perçus par certains comme une tentative de "diviser pour mieux régner", une stratégie souvent attribuée à l'extrême droite.
Du côté du gouvernement, aucune réaction officielle n'a encore été enregistrée, mais des sources proches de Matignon évoquent une "vigilance accrue" face à la montée des discours stigmatisants.
Un enjeu pour la démocratie française
Cette affaire rappelle les défis persistants liés à la régulation des médias et au respect des principes républicains. L'Arcom, saisie par LFI, devra déterminer si ces propos relèvent de la liberté d'expression ou d'une incitation à la discrimination.
Dans un contexte où les tensions sociales et politiques s'exacerbent, cette polémique pourrait alimenter les débats sur la "crise des vocations politiques" et la nécessité d'un discours public apaisé.