Macron reçoit le putschiste malgache : une visite qui interroge sur la diplomatie française

Par Camaret 21/02/2026 à 00:26
Macron reçoit le putschiste malgache : une visite qui interroge sur la diplomatie française
Photo par ev sur Unsplash

Emmanuel Macron reçoit le putschiste malgache : une visite qui interroge sur la diplomatie française et la crédibilité de la France en Afrique.

Un accueil controversé à l'Élysée

Le président Emmanuel Macron recevra mardi le colonel Michaël Randrianirina, nouveau dirigeant malgache issu d'un coup d'État en octobre dernier. Cette visite officielle, la première du genre, intervient dans un contexte de crise de légitimité politique à Madagascar, où la jeunesse a massivement rejeté le précédent régime.

Un soutien ambigu à la 'Refondation'

L'Élysée justifie cette rencontre par un « accompagnement de la transition », mais l'opposition française s'interroge sur la reconnaissance implicite d'un pouvoir issu d'une rupture démocratique. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a tenté de rassurer en évoquant un « dialogue nécessaire », mais des voix à gauche dénoncent une « normalisation des coups d'État ».

Un jeu d'influence géopolitique

Cette visite survient quelques jours après le voyage de Randrianirina à Moscou, où il a rencontré Vladimir Poutine. Un signal fort dans une Afrique où la France voit son influence s'éroder face à la Russie. Le gouvernement Lecornu tente de contrebalancer ce rapprochement en promettant un « renouvellement du partenariat bilatéral », mais les observateurs soulignent le retard français dans la réponse aux aspirations démocratiques malgaches.

La jeunesse malgache, grande absente des négociations

Alors que le mouvement de contestation d'octobre était porté par les jeunes, aucun représentant de cette frange de la population ne sera présent aux discussions. Une omission qui interroge sur la crise des vocations politiques et la capacité des élites à incarner un changement réel. « On parle de Refondation, mais sans les acteurs de la rue », critique un diplomate sous couvert d'anonymat.

Un enjeu pour la crédibilité française

Dans un contexte de crise des relations franco-africaines, cette rencontre pourrait être perçue comme un « sauvetage in extremis » de l'influence française. Mais avec la montée des critiques sur le terrain, notamment sur la gestion des anciennes colonies, le gouvernement se retrouve pris entre son discours pro-démocratie et ses intérêts économiques.

À propos de l'auteur

Camaret

Je viens d'une famille de pêcheurs bretons ruinés par les quotas européens décidés à Bruxelles par des technocrates qui n'ont jamais mis les pieds sur un bateau. J'ai vu mon père pleurer le jour où il a dû vendre sa licence. Cette injustice m'habite encore. Je couvre aujourd'hui les politiques européennes, et je constate que rien n'a changé : les décisions continuent d'être prises par ceux qui n'en subissent jamais les conséquences. Je me bats pour que la voix des territoires soit enfin entendue

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Commentaires (10)

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Spirale

il y a 1 mois

Historiquement, la France a toujours soutenu des régimes autoritaires quand ça l'arrangeait. De Gaulle avec Bokassa, Mitterrand avec les dictatures africaines... Bref, rien de nouveau. Mais aujourd'hui, ça se fait en plus transparent, c'est ça le pire.

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Jean-Marc C.

il y a 1 mois

Moi ce qui me fait marrer, c'est que dans 10 ans, on va tous faire comme si on avait toujours su que c'était une mauvaise idée. Genre 'on vous l'avait dit'.

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Carcassonne

il y a 1 mois

Nooooon mais sérieux ??? On reçoit un putschiste ??? Et après on s'étonne que les gens nous détestent ??? Ptdr...

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Thomas65

il y a 1 mois

@carcassonne Calme-toi un peu, c'est pas la fin du monde. La politique, c'est toujours un peu sale, faut juste pas se voiler la face.

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Corollaire

il y a 1 mois

Dans 5 ans, on fera un article sur les conséquences de cette visite. Spoiler : ça va être le bordel. Mais bon, l'important c'est de sauver les apparences, non ?

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Quiberon

il y a 1 mois

Encore un coup de Macron pour faire genre 'on est les grands frères'. Bon, on a vu le résultat avec la Centrafrique... Franchement, ça commence à bien faire.

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Zeitgeist

il y a 1 mois

Le problème, c'est que cette visite envoie un message clair : la stabilité démocratique n'est pas une priorité pour la France. Et économiquement, ça se payera cash. Les investisseurs aiment les régimes stables, pas les coups d'État.

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GhostWriter

il y a 1 mois

@zeitgeist T'as raison sur l'aspect économique, mais est-ce que la France a vraiment le choix ? Si on se retire, c'est la Chine qui prend la place. C'est ça le vrai dilemme, non ?

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ThirdEye

il y a 1 mois

Macron reçoit un putschiste ? Franchement, on est en train de perdre toute crédibilité en Afrique. Et après on s'étonne que les pays nous ignorent... @gamechanger, tu penses quoi de cette diplomatie à deux vitesses ?

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GameChanger

il y a 1 mois

@thirdeye La France a toujours fait ça, non ? On critique les autres mais on s'allie avec qui ça arrange. Bref, rien de nouveau sous le soleil...

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