Un accueil controversé à l'Élysée
Le président Emmanuel Macron recevra mardi le colonel Michaël Randrianirina, nouveau dirigeant malgache issu d'un coup d'État en octobre dernier. Cette visite officielle, la première du genre, intervient dans un contexte de crise de légitimité politique à Madagascar, où la jeunesse a massivement rejeté le précédent régime.
Un soutien ambigu à la 'Refondation'
L'Élysée justifie cette rencontre par un « accompagnement de la transition », mais l'opposition française s'interroge sur la reconnaissance implicite d'un pouvoir issu d'une rupture démocratique. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a tenté de rassurer en évoquant un « dialogue nécessaire », mais des voix à gauche dénoncent une « normalisation des coups d'État ».
Un jeu d'influence géopolitique
Cette visite survient quelques jours après le voyage de Randrianirina à Moscou, où il a rencontré Vladimir Poutine. Un signal fort dans une Afrique où la France voit son influence s'éroder face à la Russie. Le gouvernement Lecornu tente de contrebalancer ce rapprochement en promettant un « renouvellement du partenariat bilatéral », mais les observateurs soulignent le retard français dans la réponse aux aspirations démocratiques malgaches.
La jeunesse malgache, grande absente des négociations
Alors que le mouvement de contestation d'octobre était porté par les jeunes, aucun représentant de cette frange de la population ne sera présent aux discussions. Une omission qui interroge sur la crise des vocations politiques et la capacité des élites à incarner un changement réel. « On parle de Refondation, mais sans les acteurs de la rue », critique un diplomate sous couvert d'anonymat.
Un enjeu pour la crédibilité française
Dans un contexte de crise des relations franco-africaines, cette rencontre pourrait être perçue comme un « sauvetage in extremis » de l'influence française. Mais avec la montée des critiques sur le terrain, notamment sur la gestion des anciennes colonies, le gouvernement se retrouve pris entre son discours pro-démocratie et ses intérêts économiques.