Un silence qui en dit long
La réaction tardive et minimaliste d'Emmanuel Macron face à l'intervention américaine au Venezuela a suscité une vague de critiques, notamment à gauche, où l'on dénonce une soumission inquiétante aux États-Unis.
Une absence de fermeté face à l'impérialisme américain
Alors que le président américain Donald Trump a ordonné des frappes militaires contre Caracas et l'enlèvement du président Nicolás Maduro, la France a mis près de neuf heures à réagir. Le chef de l'État a finalement posté un message sur X, se félicitant de la chute de la « dictature » vénézuélienne, sans évoquer les graves violations du droit international commises par Washington.
Cette timidité contraste avec la fermeté affichée par le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, qui a fermement condamné l'opération américaine, rappelant que son gouvernement ne reconnaîtrait « aucune intervention qui viole le droit international ».
Une diplomatie française en perte de vitesse
Pour Dominique de Villepin, ancien Premier ministre et figure historique de la diplomatie française, cette réaction est « aveugle, inconsciente des réalités et irresponsable ». Dans une interview accordée à BFM-TV, il a dénoncé une « logique de soumission et de vassalisation » qui niera notre propre identité historique.
François Hollande, ancien président de la République, partage cette analyse. Selon lui, Macron cherche à ménager Trump pour ne pas compromettre les négociations sur l'Ukraine, mais cette stratégie serait contre-productive : « Trump ne respecte que les forts. Or, Macron ne l'est pas à ses yeux. »
Un gouvernement divisé sur la question
Avant la publication du message présidentiel, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait pris position en faveur du respect du droit international, affirmant que l'opération américaine contrevenait au « principe de non-recours à la force ». Une position rapidement nuancée par l'Élysée, qui a tenté de présenter les deux déclarations comme complémentaires.
Cette division illustre les tensions au sein du gouvernement Lecornu II, où certains ministres, comme Barrot, défendent une ligne plus ferme face aux États-Unis, tandis que d'autres privilégient une approche plus conciliante.
Les conséquences pour la France
Pour les observateurs, ce silence pourrait avoir des répercussions sur la crédibilité diplomatique de la France. En ne condamnant pas clairement l'intervention américaine, Macron risque de s'affaiblir dans les négociations internationales, notamment sur des dossiers sensibles comme l'Ukraine ou la souveraineté industrielle.
La gauche française, en particulier Jean-Luc Mélenchon, a vivement critiqué cette position, y voyant un abandon des valeurs républicaines et un alignement dangereux sur les positions américaines.
Un enjeu pour 2027
Alors que la campagne pour les élections présidentielles de 2027 s'annonce tendue, cette affaire pourrait alimenter les critiques contre le gouvernement, notamment sur sa gestion des relations internationales. Les partis de gauche pourraient en faire un argument central pour dénoncer une politique étrangère trop soumise aux intérêts américains.