Un réquisitoire implacable contre le Rassemblement national
Mardi 3 février 2026, devant la cour d’appel de Paris, les représentants du parquet général ont marqué les esprits en exigeant la confirmation des condamnations de première instance dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Rassemblement national (RN). Une affaire qui pourrait bien sceller le destin politique de Marine Le Pen, candidate potentielle à l’élection présidentielle de 2027.
Des peines d’inéligibilité requises
Les deux avocats généraux ont été clairs : ils demandent aux juges de confirmer « très largement » les responsabilités pénales des prévenus, dont Marine Le Pen. Les peines d’inéligibilité, déjà prononcées en première instance, sont au cœur des débats. La présidente du RN avait été condamnée à cinq ans d’inéligibilité, une sanction qui, si elle est confirmée, pourrait mettre un terme à ses ambitions présidentielles.
Une stratégie de délégitimation de la justice dénoncée
Le parquet a vivement critiqué la stratégie des accusés, qu’il accuse d’avoir cherché à délégitimer les institutions judiciaires.
« Laisser croire que la justice pourrait s’opposer à la volonté du peuple souverain est inexact. Le juge est le gardien de la loi, et il ne fait que l’appliquer »,ont souligné les avocats généraux. Une référence à peine voilée aux discours récurrents du RN sur l’indépendance de la justice.
Un procès qui divise la France
L’affaire des assistants parlementaires européens, qui remonte à 2004-2016, a déjà fait couler beaucoup d’encre. Le RN est accusé d’avoir utilisé des fonds européens pour payer des salariés du parti, alors que celui-ci traversait une crise financière. Vingt-cinq personnes avaient été condamnées en première instance, dont la moitié a fait appel.
Pour Marine Le Pen, seule une réduction significative de sa peine d’inéligibilité – à moins de deux ans – ou l’absence de bracelet électronique pourrait lui permettre de se représenter en 2027. Mais le parquet semble déterminé à lui barrer la route.
Un contexte politique tendu
Alors que la France traverse une crise de la démocratie locale, ce procès s’inscrit dans un climat politique explosif. Le gouvernement Lecornu II, sous la présidence d’Emmanuel Macron, observe avec attention cette affaire, qui pourrait influencer la dynamique des partis en vue de 2027. La gauche, quant à elle, voit dans ce procès une occasion de rappeler les dangers de l’extrême droite.
La décision de la cour d’appel est attendue d’ici l’été. Un verdict qui pourrait bien redessiner le paysage politique français.