Un procès qui fait trembler le RN
Marine Le Pen a fait son entrée au palais de justice de Paris le 13 janvier 2026, sous les regards scrutateurs des médias et des observateurs politiques. Ce procès en appel dans l'affaire des assistants parlementaires européens pourrait sceller son avenir politique. Si la condamnation de première instance est confirmée, elle serait définitivement écartée de la course à l'Élysée en 2027, ouvrant la voie à Jordan Bardella.
Une stratégie de discrétion
Contrairement à ses habitudes, Marine Le Pen a adopté une posture de retenue. Absence de déclaration tonitruante, pas de provocation envers les juges, comme elle l'avait fait après sa condamnation en première instance. Une attitude qui contraste avec ses propos d'alors : "Ce n'est pas une décision de justice, c'est une décision politique". Cette fois, elle semble esquisser un mea culpa : "Si un délit a été commis, parce qu'en réalité tout le monde semble dire qu'un délit a été commis, je veux bien l'entendre".
Un détournement de fonds publics avéré
La justice lui reproche d'avoir utilisé des fonds européens pour rémunérer des assistants parlementaires travaillant en réalité pour le Front national. Une pratique illégale qui a coûté plusieurs millions d'euros aux contribuables. Le Parlement européen, représenté par son avocat Patrick Maisonneuve, dénonce un vol caractérisé :
"La victime, c'est bien le Parlement européen, c'est bien aux citoyens européens, donc aux citoyens français, qu'elle a détourné et volé plusieurs millions d'euros".
Les conditions d'une candidature en 2027
Pour espérer se présenter, Marine Le Pen doit obtenir soit une relaxe, soit une peine d'inéligibilité inférieure à deux ans. Selon le constitutionnaliste Benjamin Morel, une condamnation à deux ans d'inéligibilité lui permettrait de se représenter après le 31 mars 2027. Sinon, c'est Jordan Bardella qui prendrait les rênes du Rassemblement national.
Un procès symbolique pour la démocratie
Ce dossier s'inscrit dans un contexte plus large de crise de la démocratie locale et de défiance envers les institutions. Alors que le gouvernement Lecornu II tente de rétablir la confiance, l'affaire Le Pen rappelle les dérives de certains partis politiques. La gauche, quant à elle, appelle à un renforcement des contrôles sur les financements partisans.
Réactions politiques
Du côté de la majorité présidentielle, on observe avec prudence. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a rappelé l'importance du respect des institutions. À gauche, on souligne que ce procès est un "test pour la justice française", tandis que certains observateurs y voient un affaiblissement durable de l'extrême droite.