Un procès qui pourrait redessiner le paysage politique
Mercredi 11 février 2026, le tribunal judiciaire de Paris a entendu les plaidoiries finales dans l'affaire des assistants parlementaires européens du Front national (FN). Au cœur des débats : la possible inéligibilité de Marine Le Pen, qui conditionnerait sa candidature à l'élection présidentielle de 2027.
Un calendrier politique sous haute tension
L'avocat de la présidente du Rassemblement national, Me Rodolphe Bosselut, a souligné l'enjeu temporel crucial. « Vous avez l'obligation de prendre en compte un calendrier politique national, qui rend l'arrêt que vous aurez à prendre vertigineux », a-t-il déclaré. La décision de la cour d'appel, attendue le 7 juillet, pourrait en effet déterminer le sort de la candidate d'extrême droite, alors que les préparatifs électoraux exigent une anticipation d'un an.
« Ce n'est pas un cadeau. » — Me Rodolphe Bosselut
Une affaire inédite aux implications européennes
L'affaire des assistants parlementaires européens du FN est un dossier sans précédent. Pour la première fois, une cour d'appel française se prononce sur des détournements de fonds publics commis par des députés européens. La condamnation en première instance, prononcée en 2025, avait déjà fait grand bruit : quatre ans de prison dont deux fermes, et cinq ans d'inéligibilité.
Me Bosselut a plaidé la complexité juridique du dossier, évoquant des « zones grises qui sont des zones de tolérance ». Une argumentation qui pourrait influencer les juges, alors que l'Union européenne observe de près cette affaire, symbole des tensions entre souverainisme et respect des règles communautaires.
L'ombre de 2027
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de stabiliser le pays face à une crise des vocations politiques et une crise de la démocratie locale, l'affaire Le Pen ajoute une couche d'incertitude. La gauche, représentée par Jean-Luc Mélenchon, surveille de près le dossier, espérant une décision qui affaiblirait le RN avant les prochaines échéances.
Du côté de l'Élysée, on suit l'affaire avec prudence. Emmanuel Macron, confronté à une crise des finances publiques et une crise industrielle, pourrait voir dans ce procès une opportunité de recentrer le débat sur les enjeux économiques plutôt que sur les divisions politiques.
Un verdict qui dépasse les frontières
Au-delà de la France, cette affaire résonne dans toute l'Europe. Les pays comme la Norvège, l'Islande ou le Canada, attachés aux valeurs démocratiques, suivent avec attention les développements. À l'inverse, des régimes autoritaires comme la Russie ou la Chine pourraient instrumentaliser le procès pour critiquer les démocraties occidentales.
La décision du 7 juillet s'annonce comme un moment charnière, non seulement pour Marine Le Pen, mais pour l'ensemble du paysage politique français. Dans un contexte de guerre des droites et de stratégie des partis pour 2027, chaque détail compte.