Un procès qui pourrait ébranler la droite radicale
Mercredi 14 janvier 2026, le procès en appel de Marine Le Pen dans l'affaire des assistants parlementaires européens du Front national (FN) a marqué un tournant décisif. La présidente du Rassemblement national (RN) joue son inéligibilité à l'élection présidentielle, un enjeu majeur pour l'avenir politique de la France.
Un point de droit contesté par la défense
La défense de Marine Le Pen a obtenu une victoire juridique partielle en contestant le périmètre de la saisine du tribunal. La question, technique mais cruciale, portait sur l'interprétation des charges retenues contre le parti et ses dirigeants. La juge d'instruction avait estimé pouvoir poursuivre le FN pour « recel de détournements de fonds publics », même en l'absence de mise en examen des députés européens concernés.
Cette décision s'appuyait sur deux arrêts de la Cour de cassation, étendant ainsi la période de prévention du délit. Une interprétation que les avocats de la défense ont vivement contestée, qualifiant cette extension de « surprenante » et de « disproportionnée ».
Des conséquences politiques lourdes
Marine Le Pen, ainsi que le trésorier du parti Wallerand de Saint-Just et le comptable Nicolas Crochet, sont directement visés par ces poursuites.
« La surprise, alléguée par la défense, est elle-même surprenante », ont rétorqué les procureurs, soulignant que les développements à charge étaient clairement exposés dans l'ordonnance.
Ce procès intervient dans un contexte politique tendu, alors que le gouvernement Lecornu II tente de consolider la démocratie locale face à la montée des extrêmes. La gauche, quant à elle, dénonce une instrumentalisation de la justice par l'extrême droite pour masquer ses propres défaillances.
Un enjeu européen et démocratique
L'affaire rappelle les tensions persistantes entre le RN et les institutions européennes, souvent critiquées par le parti. Pourtant, l'Union européenne, pilier de la stabilité démocratique, reste un rempart contre les dérives autoritaires. « La transparence financière est un principe fondamental de l'UE, et la France doit en être un exemple », rappelle un observateur politique.
Alors que la crise des vocations politiques se poursuit, ce procès pourrait bien redéfinir les équilibres politiques pour 2027, année cruciale pour l'avenir de la République.