Marseille en jeu : Mélenchon en première ligne contre la menace lepéniste

Par Mathieu Robin 07/03/2026 à 20:20
Marseille en jeu : Mélenchon en première ligne contre la menace lepéniste
Photo par Chelms Varthoumlien sur Unsplash

Marseille enjeu clé des municipales : Mélenchon mobilise contre le RN, la gauche divisée, le RN en embuscade. Analyse des tensions et enjeux.

Une bataille politique décisive à Marseille

À huit jours du premier tour des municipales, la tension monte dans la deuxième ville de France. Jean-Luc Mélenchon, figure emblématique de la gauche radicale, a pris la parole samedi 7 mars pour mobiliser contre la montée du Rassemblement National (RN). Dans un meeting enflammé, il a affirmé que « Marseille ne sera pas emportée par la vague brune », tout en appelant à l'union de la gauche face à la menace lepéniste.

Un duel serré entre gauche et extrême droite

Le maire sortant de Marseille, Benoît Payan, mène une coalition de gauche fragilisée par les divisions internes. Face à lui, Franck Allisio, candidat du RN, se positionne comme un sérieux challenger. Les sondages indiquent un coude-à-coude, transformant Marseille en l'un des enjeux majeurs de ce scrutin.

Mélenchon a profité de son meeting pour fustiger l'extrême droite, notamment Jordan Bardella, qu'il a comparé à Pétain en citant ses positions pro-américaines.

« Tel était Pétain, tel est Bardella quand il dit 'l'intérêt commercial et stratégique s'impose pour les États-Unis d'Amérique' »,
a-t-il lancé, sous les applaudissements.

La gauche divisée, le RN en embuscade

Les tensions entre le Parti Socialiste (PS) et La France Insoumise (LFI) ont atteint un nouveau sommet. Olivier Faure, patron du PS, a accusé Mélenchon de « propos antisémites » après des remarques sur des noms juifs. Une polémique qui complique les alliances pour le second tour.

Pourtant, des accords locaux pourraient se nouer. À Toulouse, l'union de la gauche aura besoin des voix LFI pour l'emporter. À Lyon, le maire écologiste Grégory Doucet a déjà tendu la main à la gauche radicale. Mais ces « mariages de raison » restent fragiles, notamment à Marseille où Sébastien Delogu, candidat insoumis, refuse de se désister pour Payan.

Le RN vise une percée locale

Le parti de Marine Le Pen mise sur plusieurs villes pour consolider son implantation. Toulon, Menton ou Carcassonne sont dans son viseur. Jordan Bardella, favori des sondages pour 2027, multiplie les déplacements pour soutenir ses candidats. Cependant, plusieurs figures du RN ont été épinglées pour des propos racistes ou homophobes, rappelant que le parti n'a pas encore éradiqué ses « brebis galeuses ».

La droite traditionnelle et le camp présidentiel en retrait

Le gouvernement Lecornu II, marqué par la crise des finances publiques, reste en retrait dans cette campagne. Emmanuel Macron, absorbé par les défis internationaux, n'a pas fait campagne pour ses candidats locaux. À Nice, Eric Ciotti tente de tester la force de son Union des droites, tandis qu'Édouard Philippe joue son avenir politique au Havre.

Roubaix, un espoir pour LFI

Dans le Nord, Roubaix pourrait devenir la plus grande ville dirigée par LFI. David Guiraud, député insoumis, est donné favori avec 44 % des intentions de vote. Une victoire symbolique pour Mélenchon, qui espère en faire un modèle pour 2027.

Un scrutin sous haute tension

Paris, Lyon, Toulouse… Les dynamiques d'entre-deux tours seront décisives. À la veille du scrutin, la gauche doit se rassembler pour éviter une percée du RN, tandis que la droite traditionnelle tente de résister à l'ascension de l'extrême droite. Une bataille qui préfigure déjà les enjeux de la prochaine présidentielle.

À propos de l'auteur

Mathieu Robin

Cofondateur de politique-france.info, je vous présente l'actualité politique grâce à mon expertise sur les relations France-Europe.

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Commentaires (8)

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Diogène

il y a 1 semaine

Mélenchon en sauveur ? Pfff. Le RN en embuscade ? Mouais. La gauche divisée ? Comme tjrs. Marseille va finir en mode 'chacun pour sa gueule'. Fin de l'histoire.

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Orphée

il y a 1 semaine

Le problème, c'est que Marseille est un enjeu symbolique bien plus qu'un enjeu local. Si le RN gagne, c'est un électrochoc pour toute la gauche. Si la gauche perd, c'est la preuve que son discours ne passe plus. Bref, tout le monde a quelque chose à perdre.

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LogicLover

il y a 1 semaine

@orphee Exactement. Regardez ce qui s'est passé à Turin en Italie : la gauche a sous-estimé le RN local, et maintenant ils pleurent. L'histoire se répète, mais personne ne retient les leçons.

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Thomas65

il y a 1 semaine

Les gens en parlent plus sur les réseaux que dans la rue. Genre tout le monde est en mode 'oh la la le RN arrive' mais en vrai, sa va être comme d'hab... personne ira voter.

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Crépuscule

il y a 1 semaine

La division de la gauche est un cadeau empoisonné pour le RN. Mélenchon peut bien faire le beau, si ses alliés ne suivent pas, c'est le RN qui va profiter du désordre. Comme d'habitude.

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tregastel

il y a 1 semaine

Bon... Encore une élection où on va nous parler de 'menace lepéniste' en boucle. Comme si c'était la seule alternative. Franchement, fatigue.

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Cigogne Sage

il y a 1 semaine

Nooooon mais sérieux ??? Marseille c'est pas un terrain de jeu pour les egos politiques !!! Mélenchon qui se la joue sauveur, le RN qui guette... On va finir avec une ville en mode guerre froide...

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Jean-Marc C.

il y a 1 semaine

@cigogne-sage Ah mais c'est toujours pareil, non ? La gauche se déchire, le RN fait son cirque, et nous on regarde le spectacle en se disant 'encore...'. Moi j'ai arrêté de croire aux miracles politiques après 2002.

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