Un parti en crise financière
Alors que les élections municipales viennent de s'achever, l'horizon 2027 se profile déjà pour Les Républicains (LR). Mais le parti de droite, déjà affaibli par des années de défaites électorales, se retrouve aujourd'hui confronté à un défi majeur : le financement de sa campagne présidentielle.
Un trésor de guerre inexistant
« Aujourd'hui, LR est un parti qui ne sait pas financer une grosse campagne », confie un cadre influent du parti. Une campagne présidentielle coûte environ 20 millions d'euros, une somme que le parti n'a pas. « Il n'y a pas 20 millions chez LR », renchérit un proche de Bruno Retailleau, le président du parti.
Les finances de LR, déjà fragilisées depuis la défaite de Nicolas Sarkozy en 2012 et la campagne non remboursée qui a suivi, n'ont jamais vraiment été rétablies. La perte de sièges aux législatives a entraîné une baisse des dotations publiques, aggravant encore la situation. Pire, une poignée d'élus proches de Laurent Wauquiez ont refusé de rattacher leurs fonds au parti, privant LR d'au moins 100 000 euros par an.
Les banques refusent de prêter
Les difficultés financières de LR ne datent pas d'hier, mais elles se sont aggravées ces dernières années. Les banques, de plus en plus réticentes à prêter, examinent désormais avec méfiance la capacité du parti à rembourser. Le score désastreux de Valérie Pécresse en 2022, avec moins de 5 % des voix, a laissé des traces : sans ce seuil, aucun remboursement partiel de l'État n'est possible.
« Les banques doutent de notre capacité à faire 5 % », admet un proche de Retailleau. Une situation d'autant plus préoccupante que le parti, désormais locataire de son siège, ne peut plus l'hypothéquer pour obtenir des prêts.
Retailleau en quête de sauvetage
Conscient de l'urgence, Bruno Retailleau s'active en coulisses. Un de ses proches est chargé de trouver de grands donateurs, mais les adhésions, bien que nombreuses depuis son arrivée à la tête du parti, restent insuffisantes pour constituer un « trésor de guerre ».
Pourtant, LR parvient encore à financer sa vie courante : déplacements, réunions publiques… Mais pour 2027, le parti mise sur l'émergence d'un candidat charismatique pour relancer une dynamique et attirer dons et adhésions. « Ça ira », veut croire un fidèle de Retailleau, malgré les nuages qui s'amoncellent.
Un contexte politique défavorable
Alors que la gauche, portée par Jean-Luc Mélenchon et son alliance, semble en pleine ascension, Les Républicains peinent à se repositionner. La guerre des droites, entre LR, le Rassemblement National et Reconquête, ne fait qu'aggraver les divisions et affaiblir davantage le parti traditionnel.
Dans ce contexte, la perspective d'une campagne présidentielle en 2027 apparaît de plus en plus incertaine pour LR. Sans moyens financiers, sans stratégie claire et sans unité, le parti risque de se retrouver marginalisé, laissant le champ libre à l'extrême droite ou à une gauche renforcée.