Un député RN condamné à verser 135 000 euros : l'affaire qui éclabousse l'extrême droite
Une décision qui interroge sur les pratiques du RN
Le conseil des prud'hommes de Marseille a condamné, jeudi 19 février, le député Rassemblement national (RN) de la 16e circonscription des Bouches-du-Rhône, Emmanuel Taché, à verser près de 135 000 euros à son ancien assistant parlementaire. Une somme qui reflète les dérives d'un parti déjà fragilisé par des affaires similaires.
Cette condamnation intervient après une procédure engagée par Nicolas Tellier, un militant du RN licencié en juin 2024, peu avant la dissolution de l'Assemblée nationale. Selon les éléments du dossier, M. Tellier avait été embauché à temps partiel en août 2022 pour assurer des missions variées, dont celle de chauffeur et d'accompagnateur du député.
Un licenciement contesté et des indemnités record
Le licenciement de M. Tellier, survenu en pleine crise politique, avait été perçu comme une mesure opportuniste par certains observateurs. Pourquoi licencier un salarié au moment où l'Assemblée nationale est dissoute ? La question reste en suspens, mais la justice a tranché en faveur de l'ancien assistant, reconnaissant des manquements graves dans la gestion de son contrat.
Les 134 859 euros de dommages et intérêts accordés par les prud'hommes incluent des indemnités pour licenciement abusif, non-respect des clauses contractuelles et préjudice moral. Une somme qui pourrait alourdir les finances déjà fragiles du RN, un parti souvent critiqué pour son manque de transparence financière.
Un contexte politique tendu
Cette affaire survient dans un climat politique marqué par la crise des vocations politiques, notamment à droite. Alors que le gouvernement Lecornu II tente de stabiliser les institutions, les scandales internes au RN risquent de miner la crédibilité d'un parti en quête de respectabilité.
Par ailleurs, cette condamnation pourrait avoir des répercussions sur la stratégie des partis pour 2027, alors que le RN cherche à se positionner comme une alternative crédible face à la majorité présidentielle. Des questions persistent sur la capacité du parti à gérer ses ressources humaines et à respecter les droits des salariés.
Un militant emblématique du RN
Nicolas Tellier, cousin du député Franck Allisio, candidat à la mairie de Marseille, est une figure connue dans le département. Son licenciement et la condamnation qui s'ensuit soulèvent des interrogations sur les pratiques internes du RN, souvent accusé de favoritisme et de gestion opaque.
Pour l'heure, ni le député Taché ni le RN n'ont réagi officiellement à cette décision. Mais l'affaire pourrait bien alimenter les débats sur la crise de la démocratie locale, alors que les Bouches-du-Rhône sont un terrain politique particulièrement disputé.
Dans un contexte où la gauche tente de se reconstruire et où la majorité présidentielle cherche à consolider son assise, cette condamnation rappelle que les dérives de l'extrême droite ne sont pas qu'un sujet de campagne, mais bien une réalité judiciaire.