Une ville historique sous tension politique
À quelques mois des élections municipales, Nîmes, fief historique de la droite depuis un quart de siècle, pourrait connaître un bouleversement politique majeur. La ville, symbole du pouvoir Les Républicains (LR), est aujourd'hui le théâtre d'une guerre de succession sans précédent, tandis que le Rassemblement National (RN) et la gauche se préparent à en découdre.
La droite divisée face à son héritage
Jean-Paul Fournier, maire sortant LR, ne se représente pas en 2026, laissant un vide stratégique dans un parti déjà fragilisé par les divisions internes. Franck Proust, premier adjoint, mène la liste officielle LR, tandis que Julien Plantier, ex-premier adjoint, se présente en dissidence, allié aux macronistes. "Proust risque de finir troisième, ce qui n'est pas idéal pour une dynamique de victoire", peste un ministre de droite sous couvert d'anonymat.
Les tensions au sein de LR ne s'arrêtent pas là. Bruno Retailleau, président du parti, s'est déplacé en personne pour soutenir Proust, mais deux élus LR ont rejoint le RN depuis sa visite, dont une conseillère municipale et l'ancienne candidate aux législatives. Une autre adjointe du maire sortant a également rallié les rangs de l'extrême droite, illustrant la fracture au sein de la majorité sortante.
Le RN en position de force
Le Rassemblement National, confiant, mise sur Julien Sanchez, maire de Beaucaire et figure montante du parti.
"À Nîmes, les LR vont disparaître",fanfaronne un proche de Marine Le Pen. Le RN, convaincu que les divisions de la droite favoriseront son ascension, table sur un duel serré avec la gauche.
La gauche en embuscade
Contre toute attente, la gauche pourrait bien profiter de cette situation. Vincent Bouget, candidat communiste, mène les sondages depuis plusieurs mois, suivi de près par Pascal Dupretz, tête de liste d'une union de la gauche hors LFI. Si la droite s'effondre, Nîmes pourrait basculer à gauche pour la première fois depuis des décennies, analysent les observateurs politiques.
Un scrutin qui dépasse les frontières de Nîmes
Au-delà des enjeux locaux, cette élection pourrait avoir des répercussions nationales. Dans un contexte de crise de la démocratie locale et de stratégie des partis pour 2027, Nîmes incarne les fractures d'un pays divisé. La droite, affaiblie, doit faire face à une montée en puissance du RN, tandis que la gauche tente de capitaliser sur les divisions de ses adversaires.
Reste à savoir si les Nîmois choisiront la continuité, le changement radical ou une alternative inattendue. Une chose est sûre : cette élection sera scrutée de près bien au-delà des frontières du Gard.