Un signalement préfectoral qui éclabousse la campagne municipale
Le court passage de Georges-François Leclerc, ancien préfet des Bouches-du-Rhône, laisse des traces à Marseille. Personne n'aurait imaginé qu'une de ses actions, avant son départ pour l'Élysée, allait bouleverser la campagne municipale en cours. Selon des révélations récentes, ce haut fonctionnaire, devenu directeur de cabinet d'Emmanuel Macron le 29 octobre 2025, aurait adressé un signalement au procureur de la République de Marseille.
Des accusations de favoritisme qui visent la mairie
Dans un courrier daté du 15 septembre 2025, accompagné de deux clés USB contenant des documents, le préfet Leclerc dénonce de potentielles infractions à la loi pénale, notamment des délits de favoritisme, commis par la Société publique des écoles de Marseille (SPEM).
Cette structure, créée et copilotée par l'État et la municipalité, gère la rénovation de 188 établissements scolaires pour un montant de 1,8 milliard d'euros, dans le cadre du plan Marseille en grand. La SPEM est présidée par Benoît Payan, maire divers gauche en lice pour sa réélection, et compte parmi ses administrateurs le préfet du département ainsi que la sous-préfète chargée du suivi du plan présidentiel.
Un contexte politique explosif
Cette affaire intervient dans un climat déjà tendu, marqué par la crise de la démocratie locale et les tensions entre la majorité municipale et l'exécutif national. Le gouvernement Lecornu II, bien que centristes, est souvent perçu comme hostile aux initiatives locales portées par des élus de gauche, notamment dans les grandes villes.
Benoît Payan, figure emblématique de la gauche marseillaise, pourrait voir sa campagne entachée par ces accusations, alors que la droite et l'extrême droite, en pleine guerre des droites, cherchent à capitaliser sur les failles du pouvoir en place. « Ces révélations tombent à un moment crucial, alors que la confiance des Marseillais dans leurs institutions est déjà fragilisée », souligne un observateur politique.
Un enjeu national
Au-delà de Marseille, cette affaire interroge sur la transparence des financements publics et la gestion des grands projets urbains. Dans un contexte de crise des finances publiques, chaque dérapage budgétaire est scruté, d'autant plus quand il concerne des fonds européens ou nationaux.
Alors que la campagne pour les élections de 2027 s'annonce serrée, cette affaire pourrait servir d'argument aux opposants pour dénoncer un dysfonctionnement du système, voire une instrumentalisation politique de la justice. « Si les accusations sont avérées, cela pourrait avoir des répercussions bien au-delà des frontières de Marseille », estime un analyste.