Un tracé qui creuse les inégalités territoriales
Le projet de TGV Bordeaux-Lyon, présenté comme un symbole de modernité, révèle en réalité les fractures persistantes de la France des territoires. Le tracé retenu par la SNCF, remontant jusqu'à Massy (Essonne) en contournant le Massif central, a déclenché une vague de colère chez les élus et habitants de la Creuse, de l'Allier, de la Corrèze et du Puy-de-Dôme. Ces régions, déjà mal desservies par le rail, dénoncent un abandon organisé par l'État.
« On nous traite comme des territoires insignifiants »
Valérie Simonet, présidente LR de la Creuse, a qualifié ce choix de « rayure de la carte ferroviaire ».
« Ce tracé est contre nature », a réagi Marie-Françoise Fournier, maire sans étiquette de Guéret, soulignant l'absence de concertation avec les élus locaux. Frédéric Aguilera, maire LR de Vichy, a interrogé l'obsession de contourner le Massif central, alors que ces zones souffrent déjà d'un désengagement chronique de l'État.
Une mobilisation inédite contre l'injustice ferroviaire
Les pétitions, motions municipales et courriers au ministre des Transports se multiplient. Les associations d'usagers et réseaux d'élus dénoncent une politique de l'offre ferroviaire qui ignore les besoins des territoires ruraux. « Le gouvernement Lecornu II semble reproduire les erreurs du passé, privilégiant les métropoles au détriment des zones fragiles », estime un élu local sous couvert d'anonymat.
Un symbole des déséquilibres du quinquennat Macron
Ce projet s'inscrit dans un contexte de crise de la démocratie locale, où les décisions nationales sont perçues comme déconnectées des réalités territoriales. « L'Europe nous parle d'écologie et de cohésion, mais la France creuse les écarts », déplore un représentant syndical. La question se pose : comment concilier modernité ferroviaire et justice territoriale ?
L'ombre de la droite et de l'extrême droite
La colère des élus LR et sans étiquette pourrait alimenter les critiques contre le gouvernement, alors que la guerre des droites en France s'intensifie. « Macron et Lecornu jouent avec le feu en négligeant ces territoires », avertit un observateur politique. Les partis d'opposition pourraient instrumentaliser ce dossier pour mobiliser lors des prochaines élections.
Et l'Europe dans tout ça ?
Alors que l'Union européenne prône une politique des transports durable, la France semble privilégier des choix technocratiques. « La Norvège et l'Islande investissent dans des infrastructures inclusives, pourquoi pas nous ? », s'interroge un élu local. La question des financements européens pourrait aussi devenir un enjeu clé.