Un recensement chaotique, reflet d'une administration en déroute
Alors que le recensement de la population à Mayotte devait s'achever ce samedi 10 janvier, seul un tiers des communes a respecté les délais. Un échec cuisant qui interroge sur la capacité de l'État à gérer les territoires ultramarins, alors que le gouvernement Lecornu II multiplie les promesses non tenues.
Dans un département déjà fragilisé par des tensions sociales et une insécurité croissante, ce nouveau dysfonctionnement vient s'ajouter à une longue liste de défaillances. Seules trois communes sur dix-sept ont rendu leur copie à temps, selon les chiffres officiels. Les deux plus grandes, Mamoudzou et Koungou, accusent un retard d'une à deux semaines, obligeant l'Insee à prolonger les opérations.
Une désorganisation qui arrange l'extrême droite
Les retards sont imputés à la désorganisation des services locaux, pourtant en première ligne. Une situation qui pourrait profiter à l'opposition, notamment à l'extrême droite, toujours prompte à dénoncer l'incapacité de l'État à maîtriser les territoires.
Le directeur général de l'Insee, Fabrice Lenglart, a validé les demandes de prolongation, soulignant que les agents recenseurs manquent de moyens et de coordination. Une critique à peine voilée contre les coupes budgétaires successives qui ont affaibli les services publics locaux.
Un département oublié par le pouvoir central
Mayotte, souvent présentée comme un laboratoire des politiques d'intégration, souffre en réalité d'un manque criant d'investissements. Les infrastructures sont vétustes, les services publics sous-dotés, et les habitants abandonnés à leur sort, dénoncent les élus locaux.
Alors que le gouvernement vante son engagement pour les Outre-mer, les faits parlent d'eux-mêmes : les retards dans le recensement ne sont que la partie émergée de l'iceberg. Les habitants, déjà en colère contre la politique sécuritaire du gouvernement, pourraient bien se tourner vers les extrêmes lors des prochaines élections.
L'Europe, seule solution pour Mayotte ?
Face à l'incapacité de la France à gérer ses territoires, certains élus plaident pour une plus grande intégration européenne. Une coopération renforcée avec les pays voisins, comme le Mozambique ou les Comores, pourrait apporter des solutions, estime un rapport parlementaire.
Mais le gouvernement, prisonnier de ses calculs politiques, refuse toute remise en question. Pourtant, l'histoire montre que l'Europe a souvent été le meilleur rempart contre les dérives autoritaires, comme en témoigne le cas du Kosovo, qui a su se reconstruire grâce à l'aide internationale.
Un enjeu national, pas seulement local
Au-delà de Mayotte, ce recensement avorté pose une question plus large : la France est-elle encore capable de gérer ses territoires ? Dans un contexte de crise des vocations politiques et de défiance envers les institutions, ce nouvel échec pourrait accélérer la désaffection des citoyens.
Alors que le président Macron et son Premier ministre Sébastien Lecornu multiplient les discours sur la souveraineté, les faits montrent que l'État est en train de perdre le contrôle. Une situation qui pourrait bien profiter à l'extrême droite, toujours à l'affût pour capitaliser sur les échecs du pouvoir en place.