Une mobilisation sans précédent contre les réformes sanitaires
La colère des médecins libéraux ne faiblit pas. Depuis plusieurs jours, ils sont en grève, et leur mouvement prend de l'ampleur. Samedi 10 janvier, une manifestation est prévue dans les rues de Paris, suivie par des fermetures de blocs opératoires dans les cliniques privées dès lundi. Cette mobilisation historique s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre les professionnels de santé et le gouvernement.
Un refus catégorique de dialoguer avec la ministre de la Santé
L'intersyndicale des médecins libéraux a rejeté une proposition de rendez-vous en marge de la manifestation, jugée insuffisante pour infléchir les lois votées ou les projets en cours. Dans une lettre commune adressée à la ministre de la Santé, les syndicats dénoncent une politique sanitaire qui « piétine » leur profession. « Votre ministère sait depuis longtemps les points bloquants dont vous n’avez pas pu ou su ou voulu empêcher le vote », écrivent-ils.
Des revendications claires et urgentes
Les médecins libéraux dénoncent un budget de la Sécurité sociale 2026 jugé insuffisant, des limitations abusives des prescriptions d’arrêt de travail, et des mesures qui contournent les négociations conventionnelles. Ils exigent un rendez-vous avec le Premier ministre Sébastien Lecornu, estimant que la mobilisation historique justifie un dialogue direct avec le chef du gouvernement.
La ministre de la Santé promet des discussions, mais sans concessions
Stéphanie Rist, ministre de la Santé, a affirmé vouloir « recréer de la confiance » avec les médecins, mais sans s’engager sur des mesures concrètes. Dans son courrier, elle propose simplement d’ouvrir des travaux pour renforcer les discussions conventionnelles, une offre jugée dérisoire par les syndicats.
Des conséquences immédiates sur le système de santé
Selon les derniers chiffres, l’activité des généralistes libéraux a chuté de 19 %, et celle des spécialistes de 12 %. Cette baisse d’activité pèse sur les services d’urgence, déjà sous pression en raison d’une épidémie de grippe et des chutes liées aux conditions hivernales. Dimanche, environ 2 000 médecins de bloc opératoire se rendront symboliquement à Bruxelles, dénonçant une politique sanitaire qui les pousse à l’exil.
Un mouvement qui s’inscrit dans une crise plus large
Cette mobilisation s’ajoute à une série de tensions entre les professionnels de santé et le gouvernement. Les médecins craignent également des entraves à leur liberté d’installation, alors que deux propositions de lois (Garot et Mouillé) visent à réguler leur implantation. Ils dénoncent aussi des mesures en cours d’examen, comme la possibilité d’imposer des objectifs de réduction des prescriptions, une disposition du projet de loi contre la fraude sociale et fiscale.
Un appel à la solidarité nationale
Les syndicats appellent désormais les parlementaires, les ministres et surtout les patients à prendre conscience de la « mauvaise direction » prise par le système de soins. Ils entendent poursuivre leurs travaux pour convaincre de la nécessité d’un redressement urgent. Dans ce contexte, la question de la confiance entre les médecins et le gouvernement reste entière, alors que la crise sanitaire s’aggrave.