Un échec prévisible pour les motions de censure
Vendredi 23 janvier, l'Assemblée nationale a rejeté la motion de censure déposée par la gauche unie – La France insoumise, les écologistes et les communistes – contre le gouvernement Lecornu. Seuls 269 députés ont voté en faveur de cette motion, bien en dessous des 288 voix nécessaires pour renverser le gouvernement.
Un budget contesté, mais imposé par la force
Cette motion faisait suite à l'utilisation du 49.3 par Sébastien Lecornu pour faire adopter la partie recettes du budget 2026. Un recours contesté par l'opposition, qui y voit une manœuvre autoritaire pour contourner le débat parlementaire.
Dans la foulée, une seconde motion, portée par le Rassemblement national et l'Union des droites pour la République, a également été rejetée. Son résultat, connu en fin de matinée, confirme l'isolement des oppositions face à un exécutif déterminé à imposer sa vision économique.
La gauche dénonce un « budget d'escroquerie »
À la tribune, le président de la commission des finances, Eric Coquerel (LFI), a fustigé un texte qu'il qualifie d'« escroquerie », accusant Emmanuel Macron d'avoir favorisé les ultra-riches depuis 2017.
« Depuis 2017, l'industrie recule, les faillites se succèdent. Votre budget pour 2026 ne va rien arranger. »
Une critique qui rejoint celle de Marine Le Pen, venue défendre la motion de l'extrême droite, dénonçant une trahison du pacte conclu avec le Parlement.
Lecornu assume un budget de compromis… sous contrainte
Le Premier ministre a défendu un texte issu de compromis, mais a reconnu que le débat s'était figé dès que l'hypothèse du 49.3 a été évoquée.
« Certains ont poursuivi leur obstruction, non pas pour convaincre, mais pour empêcher toute issue. Organiser le blocage pour mieux le dénoncer ensuite. »
Un constat qui illustre les tensions persistantes entre l'exécutif et une opposition radicalisée, tandis que le gouvernement s'apprête à engager à nouveau sa responsabilité sur la partie dépenses du budget.
Un budget sous haute tension politique
Alors que la France traverse une crise des vocations politiques, ce budget 2026 s'inscrit dans un contexte de stratégie des partis pour 2027, où chaque camp cherche à capitaliser sur les divisions pour les prochaines échéances électorales.
Avec un déficit maintenu à 5 % du PIB, le texte reste contesté à gauche comme à droite, mais son adoption semble désormais inévitable, malgré les critiques sur son manque d'ambition sociale et écologique.