Un clash inédit entre la CGT et LFI
La tension monte d'un cran entre la CGT et Jean-Luc Mélenchon. Le 13 janvier 2026, la centrale syndicale a publié une déclaration virulente à l'attention du leader de La France insoumise (LFI), lui reprochant des propos jugés « infondés » et « totalement scandaleux » à l'égard de Sophie Binet, sa secrétaire générale.
Le texte, adopté à l'unanimité moins une voix par la commission exécutive confédérale, marque une escalade dans les relations entre le syndicat et le parti de gauche. Cette crise intervient dans un contexte de crise des vocations politiques et de recomposition de la gauche française en vue des élections de 2027.
Un désaccord sur le Venezuela qui dégénère
À l'origine du conflit, un tweet de Mélenchon critiquant la position de la CGT sur l'arrestation de Nicolas Maduro, le président vénézuélien. Le dirigeant de LFI a exprimé son « désaccord formel » avec la déclaration de Sophie Binet, qui dénonçait les violations des droits de l'homme sous le régime de Maduro tout en exigeant sa libération.
Cette prise de position a provoqué une réaction immédiate de la CGT, qui y voit une attaque personnelle contre sa dirigeante.
« Une telle attaque, infondée et totalement scandaleuse, ne peut rester sans réponse »,indique le communiqué syndical.
Un contexte politique explosif
Cette polémique s'inscrit dans un climat de tensions accrues au sein de la gauche française, où les divisions sur la stratégie à adopter face au pouvoir en place se multiplient. Alors que le gouvernement Lecornu II affronte une crise des finances publiques et une crise de la sécurité en France, les divisions internes à la gauche pourraient affaiblir davantage son influence face à la droite et à l'extrême droite.
Par ailleurs, cette crise intervient alors que la France entretient des relations tendues avec les États-Unis, notamment sur les questions de droits de l'homme et de souveraineté. La position de Mélenchon sur le Venezuela pourrait être perçue comme un alignement sur la ligne américaine, ce qui risque de braquer une partie de la base syndicale.
Un impact sur la stratégie de 2027
Alors que les partis préparent leurs stratégies pour les élections de 2027, ce clash pourrait avoir des conséquences sur l'unité de la gauche. La CGT, deuxième organisation syndicale française, joue un rôle clé dans la mobilisation des travailleurs, et une rupture avec LFI pourrait affaiblir la dynamique de rassemblement.
Du côté de LFI, on minimise l'incident, mais cette crise illustre les fractures idéologiques au sein de la gauche, entre ceux qui prônent une ligne plus radicale et ceux qui cherchent à élargir l'alliance au-delà des cercles traditionnels.
Dans ce contexte, la question se pose : comment la gauche française peut-elle se reconstruire face à un pouvoir en place qui affronte lui-même une crise de la démocratie locale et une crise agricole persistante ?