La France maintient sa participation malgré les tensions géopolitiques
Alors que les tensions diplomatiques entre les États-Unis et l'Union européenne s'intensifient, la France a confirmé, mardi 20 janvier, sa participation à la Coupe du monde 2026, coorganisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique. Une décision qui intervient malgré les appels au boycott émanant de certaines factions politiques françaises et européennes.
Une position officielle ferme mais nuancée
La ministre des Sports, Marina Ferrari, a tenu à clarifier la position française lors des vœux du monde sportif. « À ce stade, il n’y a pas de volonté de boycott du côté de notre ministère », a-t-elle déclaré, tout en reconnaissant les critiques croissantes. « Je tiens à dissocier le sport de la politique. La Coupe du monde est un moment important pour les amoureux du football », a-t-elle ajouté.
Cependant, la ministre a laissé la porte ouverte à une éventuelle réévaluation. « Je ne préjuge pas de ce qui pourrait se passer », a-t-elle précisé, faisant écho aux pressions politiques grandissantes.
Les critiques s'intensifient à gauche et en Allemagne
Du côté de la France insoumise, le député Éric Coquerel a vivement critiqué l'organisation du Mondial aux États-Unis, dénonçant « un pays qui agresse ses voisins, menace d’envahir le Groenland et instaure une milice raciste ». Il a appelé la FIFA à limiter le tournoi au Mexique et au Canada.
En Allemagne, la secrétaire d’État aux Sports, Christiane Schenderlein, a indiqué que la décision finale reviendrait à la Fédération allemande de football (DFB) et à la FIFA. « Le gouvernement fédéral acceptera cette appréciation », a-t-elle déclaré, reflétant une certaine retenue face aux pressions politiques.
Un contexte géopolitique explosif
Les tensions autour du Groenland, où les États-Unis ont exprimé leur volonté d’annexion, ainsi que les menaces de taxes douanières contre l’UE, ont alimenté les appels au boycott. Le député conservateur allemand Roderich Kiesewetter a estimé qu’« une guerre commerciale avec l’UE rendrait improbable la participation européenne ».
L’ancien sélectionneur du Sénégal, Claude Le Roy, a également critiqué la FIFA, accusant son président, Gianni Infantino, de « privilégier l’argent au détriment des valeurs sportives ».
La France entre pragmatisme et principes
Alors que le gouvernement français, dirigé par le Premier ministre Sébastien Lecornu, semble privilégier une approche pragmatique, une partie de l’opinion publique et politique française s’interroge sur la compatibilité entre sport et diplomatie. « Comment participer à un événement sportif dans un pays qui bannit les signes LGBT et interdit l’accès aux supporters de plusieurs nations ? », s’interroge un observateur.
Dans ce contexte, la France se retrouve au cœur d’un débat qui dépasse largement le cadre sportif, mêlant enjeux géopolitiques, valeurs démocratiques et intégrité du football.