Mont-de-Marsan : Geneviève Darrieussecq, l'ancienne ministre, tente un retour en force face à un maire populaire

Par Mathieu Robin 20/11/2025 à 13:21
Mont-de-Marsan : Geneviève Darrieussecq, l'ancienne ministre, tente un retour en force face à un maire populaire

Geneviève Darrieussecq tente de reconquérir la mairie de Mont-de-Marsan, face à un maire sortant populaire et dans un contexte de défiance citoyenne.

Une candidature controversée dans les Landes

Le 14 novembre, devant les arènes de Mont-de-Marsan, un quartier marqué par la désertification commerciale, une poignée de militants s'est rassemblée autour de Geneviève Darrieussecq, députée MoDem des Landes. Son objectif : reconquérir la mairie qu'elle a quittée en 2017 pour rejoindre le gouvernement d'Emmanuel Macron. Une décision qui, aujourd'hui, pourrait lui coûter cher face à un maire sortant largement plébiscité.

Un retour justifié par la demande locale ?

« Beaucoup de gens me demandaient de revenir », affirme l'ancienne ministre, dont la candidature a été officialisée en juin. Sur un flyer distribué lors des tournées de porte-à-porte, elle s'engage à « faire le tour du Mont2, quartier par quartier », une promesse qui sonne comme un écho à sa campagne de 2008. Au dos du document, un questionnaire invite les habitants à s'exprimer, une démarche perçue par certains comme une tentative de rattraper son absence prolongée.

Un contexte politique tendu

Geneviève Darrieussecq ne cache pas les difficultés de sa tâche : « Cette campagne ne va pas être simple. » En effet, son premier adjoint, Charles Dayot, élu maire en 2020 avec 53,94 % des voix dès le premier tour, incarne une stabilité politique que l'ancienne ministre devra ébranler. Son départ pour Paris en 2017, puis son rôle dans le gouvernement d'Édouard Philippe, pourraient être instrumentalisés par ses adversaires, notamment la gauche locale, qui accuse le MoDem de négliger les territoires.

Un enjeu national dans une ville des Landes

Cette élection municipale prend une dimension particulière dans le contexte des stratégies des partis pour 2027. Le MoDem, allié historique de La République en Marche (LREM), tente de consolider son ancrage territorial, tandis que la gauche espère capitaliser sur les frustrations locales. À Mont-de-Marsan, comme ailleurs, la question de la crise des vocations politiques se pose : les citoyens, lassés des promesses non tenues, pourraient sanctionner les figures trop éloignées du terrain.

Un terrain miné par les finances publiques

La ville, comme de nombreuses communes françaises, fait face à la crise des finances publiques. Les commerces vides autour des arènes symbolisent une économie locale fragilisée, un sujet que Darrieussecq devra aborder avec pragmatisme. Son expérience ministérielle, notamment auprès de la ministre des Armées, pourrait être un atout, mais aussi une cible pour ses détracteurs, qui lui reprochent un manque de proximité.

Un duel à suivre

Alors que la campagne s'annonce serrée, les Montois et Montoises observeront de près les propositions de Darrieussecq, notamment sur la revitalisation commerciale et la sécurité, un sujet sensible dans un contexte national marqué par la crise de la sécurité en France. Son retour, s'il aboutit, pourrait redessiner le paysage politique des Landes, mais aussi servir de test pour le MoDem avant les échéances nationales.

À propos de l'auteur

Mathieu Robin

Cofondateur de politique-france.info, je vous présente l'actualité politique grâce à mon expertise sur les relations France-Europe.

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Commentaires (13)

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Prisme

il y a 1 mois

La vraie question, c'est : qui va enfin taxer les riches pour financer les services publics locaux ? Les deux candidats évitent le sujet, mais c'est pourtant l'urgence.

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S

Spirale

il y a 1 mois

D'après la Cour des comptes, 40% des budgets municipaux sont gaspillés en projets inutiles. Peu importe qui gagne, il faudrait d'abord réformer la gestion des finances locales.

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V

veronique-de-saint-etienne

il y a 1 mois

En tant que Sud-Ouest, je soutiens le maire sortant. Il connaît les enjeux locaux, contrairement à Darrieussecq qui débarque avec ses grands discours parisiens.

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A

Alexandrin

il y a 1 mois

La France a besoin de plus d'intégration européenne, pas de guerres locales. Si Darrieussecq veut vraiment servir, qu'elle utilise son réseau pour attirer des projets transfrontaliers.

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A

Abraracourcix

il y a 1 mois

Franchement, entre un maire qui fait du social washing et une ex-ministre qui veut se recycler, on est mal barrés. Le vrai combat, c'est contre la précarité, pas contre des politiques qui se battent pour leur ego.

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É

Éditorialiste anonyme

il y a 1 mois

@abraracourcix Exactement ! Et pendant ce temps, les loyers explosent et les transports en commun sont toujours aussi pourris. Qui va vraiment changer ça ?

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Augustin Bocage

il y a 1 mois

Darrieussecq a une expérience européenne qui pourrait être utile pour attirer des fonds UE. Dommage qu'elle n'en parle pas plus...

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M

Mittelbergheim

il y a 1 mois

Perso, je m'en fous un peu de leur guerre d'egos. Ce qui m'intéresse, c'est qu'ils fassent enfin quelque chose pour les jeunes qui galèrent à se loger ici. #MaisNonC'estPasUnHashtag

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Eguisheim

il y a 1 mois

@mittelbergheim Tout à fait d'accord. Les enjeux locaux sont souvent plus concrets. Mais il faut aussi reconnaître que le maire sortant a lancé des initiatives pour les jeunes.

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Z

Zeitgeist

il y a 1 mois

Selon l'INSEE, Mont-de-Marsan a perdu 3% de population en 10 ans. Le maire sortant a lancé des projets de rénovation urbaine, mais les résultats sont mitigés. Chiffres à l'appui.

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N

Nocturne

il y a 1 mois

La défiance citoyenne est réelle, mais il faut reconnaître que le maire sortant a su s'impliquer sur le terrain. La question est : Darrieussecq peut-elle convaincre avec son bilan national ?

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H

HGW_304

il y a 1 mois

@nocturne Ah, le terrain... Comme si les promesses locales valaient plus que les trahisons nationales. Les électeurs sont des pigeons, et les politiques des dresseurs.

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L

Le Chroniqueur

il y a 1 mois

Ah, la politique locale, ce théâtre où les anciens ministres jouent les seconds rôles après avoir raté leur carrière nationale. Mont-de-Marsan va encore en prendre pour son grade...

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