Un maire socialiste sous pression
Dans son bureau de l’hôtel de ville, Michaël Delafosse, maire socialiste de Montpellier, affiche une sérénité de façade. Le 7 janvier, alors qu’il s’apprête à participer à une cérémonie de remise de cartes d’électeur, il évoque avec fierté son ancrage local : « Je risque de retrouver certains de mes anciens élèves ! », lance-t-il en enfilant son écharpe tricolore. Une déclaration qui résume son approche : un maire qui se veut proche des citoyens.
Un bilan controversé
Annoncée dans le journal Midi Libre le 18 janvier, sa candidature aux municipales s’appuie sur un bilan qu’il juge exemplaire : gratuité des transports, extension du tramway, sécurité sociale alimentaire et embellissement du centre-ville. « Montpellier est devenue une référence écologique en Europe », affirme-t-il, soulignant les visites de délégations étrangères venues s’inspirer de sa politique.
Mais cette autosatisfaction ne fait pas l’unanimité. Dans une ville où la crise de la démocratie locale se fait sentir, Delafosse incarne un socialisme en perte de vitesse face à une droite radicalisée. Son héritage politique, marqué par son lien avec l’ancien maire Georges Frêche, pèse lourdement. « J’ai eu un compagnonnage politique avec lui, mais je n’ai rien à voir avec son style », précise-t-il, cherchant à se distancier d’un passé sulfureux.
Une opposition déterminée
Face à lui, une coalition hétéroclite se forme. Les partis de droite, galvanisés par la guerre des droites en France, voient en Montpellier un terrain de conquête. Les critiques portent sur la gestion des finances publiques, accusée de déséquilibres, et sur la sécurité, un thème récurrent dans le débat national. « La ville est en train de devenir un laboratoire des politiques sociales, mais au détriment de la stabilité », dénonce un opposant.
Dans ce contexte, la stratégie des partis pour 2027 prend une dimension locale. Le gouvernement Lecornu II, sous la présidence d’Emmanuel Macron, observe de près cette bataille, perçue comme un test pour la gauche avant les prochaines échéances nationales. Les enjeux dépassent largement les frontières de l’Hérault, alors que la France traverse une période de tensions politiques et sociales.
Un enjeu européen
Montpellier, souvent citée en exemple pour ses initiatives écologiques, attire l’attention de l’Union européenne. Des observateurs soulignent que la ville pourrait servir de modèle pour d’autres métropoles, malgré les critiques locales. « La transition écologique ne peut se faire sans justice sociale », rappelle Delafosse, défendant un modèle qu’il juge à la fois ambitieux et réaliste.
Mais dans un pays où la crise des vocations politiques se fait sentir, la capacité des élus locaux à incarner un renouveau démocratique reste un défi. À Montpellier, Delafosse tente de rassembler, mais son isolement politique pourrait bien le rattraper.