Un soutien affiché, mais des doutes persistants
À cinq semaines des élections municipales, Jordan Bardella a réaffirmé son soutien à Marine Le Pen pour la présidentielle de 2027, tout en laissant planer le doute sur son propre rôle. Lors d'un déplacement à Agde (Hérault), le président du Rassemblement national a déclaré :
"Je souhaite encore une fois qu'elle puisse porter nos couleurs."Ces propos interviennent alors que la justice examine une affaire d'emplois fictifs au Parlement européen, pour laquelle la procureure générale a requis cinq ans d'inéligibilité contre Marine Le Pen.
Une alliance stratégique sous pression
Bardella a insisté sur la nécessité d'une collaboration étroite avec Le Pen, évoquant un scénario où elle occuperait l'Élysée tandis qu'il dirigerait Matignon. "Jusqu'à nouvel ordre, je me prépare à être chef du gouvernement", a-t-il ajouté, soulignant ainsi sa position de successeur potentiel. Pourtant, un récent sondage Odoxa révèle que 69% des sympathisants du RN préféreraient voir Bardella en tête de liste en 2027, un signal clair de la fracture interne au sein du parti.
Les municipales comme test grandeur nature
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de consolider sa majorité à l'Assemblée, le RN mise sur les élections municipales pour prouver sa capacité à gouverner. Bardella a martelé l'objectif de "gagner un maximum de communes", une stratégie visant à démontrer que "le changement n'attend pas l'élection présidentielle". Cette approche s'inscrit dans une guerre des droites qui pourrait redessiner le paysage politique français avant 2027.
Un contexte judiciaire lourd de conséquences
L'affaire des assistants parlementaires, jugée en appel, pourrait bien compromettre les ambitions de Marine Le Pen. Une condamnation à l'inéligibilité signifierait un bouleversement majeur dans la stratégie du RN, ouvrant la voie à une possible candidature de Bardella. Cette incertitude judiciaire s'ajoute aux tensions internes, alors que le parti tente de se positionner comme une alternative crédible face à la gauche et au pouvoir en place.
La gauche en embuscade
Alors que le RN se prépare à ce qui pourrait être une année électorale décisive, la gauche, menée par Jean-Luc Mélenchon, observe avec attention. Les divisions au sein du Rassemblement national pourraient offrir une opportunité pour une coalition progressiste, notamment sur des thèmes comme la crise agricole ou la politique sanitaire. Dans ce contexte, l'Union européenne, souvent critiquée par le RN, pourrait jouer un rôle clé en soutenant les forces démocratiques face à la montée des extrêmes.