Une union fragile face à la droite
Mercredi 14 janvier, Emmanuel Grégoire, candidat socialiste aux municipales parisiennes, a tenu son premier grand meeting de campagne à la Bellevilloise, salle emblématique du 20e arrondissement. Malgré une affluence record – près de 2 000 personnes selon ses partisans –, l'absence de La France Insoumise (LFI) dans son alliance inquiète une partie de la gauche.
Un programme social ambitieux
Devant une foule enthousiaste, Grégoire a défendu un programme axé sur la justice sociale. « Demain, les fournitures scolaires seront gratuites pour les familles qui en ont besoin », a-t-il annoncé, suscitant des applaudissements nourris. Il a également promis un goûter équilibré et gratuit pour les plus jeunes, une mesure saluée par les militants présents.
L'union de la gauche, mais sans LFI
Si les partis écologistes et communistes soutiennent désormais Grégoire, LFI, menée par Sophia Chikirou, reste en dehors de l'accord.
« Jamais l'union de la gauche n'avait eu lieu dès le premier tour de la bataille »,a souligné le candidat socialiste. Pourtant, cette exclusion divise. Deux militantes présentes ont exprimé leur méfiance envers LFI : « Pour moi, ce n'est pas la gauche républicaine », a déclaré l'une, tandis qu'une autre, ancienne électrice de Mélenchon, a affirmé : « Je ne veux plus de LFI ».
Le risque d'une dispersion des voix
Sans accord avec LFI, qui pourrait obtenir plus de 10 % des voix selon les sondages, la gauche risque une dispersion des suffrages au second tour. Un électeur socialiste a alerté : « La droite saura voter utile. À gauche, il risque d'y avoir une vraie dispersion. Avec la crainte de perdre Paris et que l'on bascule à droite et à l'extrême droite ».
Un enjeu national
Depuis 25 ans, les socialistes dirigent Paris. Une défaite aux municipales affaiblirait le PS à moins d'un an de la présidentielle. Face à Rachida Dati, candidate de la droite et soutenue par une partie des macronistes, la gauche doit éviter une fragmentation. Pourtant, Grégoire a répété son refus d'une alliance avec LFI, même au second tour. Une position critiquée par Jules, 23 ans : « C'est une connerie. J'aimerais que la gauche ait le plus de chances possible de gagner ».
Un scrutin sous tension
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de stabiliser le pays, les municipales parisiennes pourraient devenir un test politique majeur. En cas de victoire de la droite, la capitale basculerait pour la première fois depuis des décennies, un signal inquiétant pour la gauche à l'approche de 2027.