Une promesse sécuritaire qui divise
La candidate de la droite à la mairie de Paris, Rachida Dati, a annoncé lundi 9 mars son intention de créer une police municipale de 5 000 agents armés, équipés et formés, en cas d’élection. Une mesure présentée comme une réponse à « une forte attente des Parisiens », mais qui suscite des critiques acerbes de la gauche.
Un dispositif controversé
Selon la candidate, ces policiers municipaux seraient « en appui de la police nationale », avec une présence renforcée dans les espaces verts, notamment aux entrées des bois de Vincennes et de Boulogne. Elle promet également l’installation de 8 000 caméras de surveillance dans l’espace public, affirmant vouloir « ne laisser aucun angle mort ».
Rachida Dati assure que son budget est « crédible », avec des dépenses estimées entre 500 et 700 millions d’euros. Elle s’appuie sur des chiffres du ministère de l’Intérieur montrant une hausse des violences entre personnes (+5,1 % à Paris), tout en minimisant la baisse des atteintes aux biens.
La gauche monte au créneau
Emmanuel Grégoire, premier adjoint d’Anne Hidalgo et candidat de la gauche, a vivement critiqué ce projet, estimant que « rien dans les missions de la police municipale ne justifie son armement ». Il dénonce une « dérive sécuritaire » et une « instrumentalisation de la peur » à des fins électorales.
Pourtant, la candidate de droite insiste :
« On ne peut pas avoir autant d’insécurité dans une ville comme Paris, qui est une capitale. »Elle promet de rendre des comptes mensuels aux Parisiens sur l’évolution de la délinquance.
Un contexte politique tendu
Cette annonce intervient dans un contexte de crise de la sécurité en France, alors que le gouvernement Lecornu II peine à apaiser les tensions sociales. La droite, en pleine « guerre des droites », tente de capitaliser sur les thèmes régalien, face à une extrême droite en progression.
Alors que la gauche accuse la droite de « militariser l’espace public », Rachida Dati défend une approche « pragmatique », soulignant que le recrutement de ces agents serait facilité par un « statut attractif » et une « rémunération en conséquence ».
Une cartographie de la criminalité pour cibler les priorités
La candidate affirme disposer d’une « cartographie de la criminalité à Paris » et souhaite collaborer avec la procureure de la République pour adapter la politique pénale. Elle évoque aussi la création d’antennes de police municipale dans les parcs et squares, afin de « réapproprier ces espaces aux familles ».
Alors que les élections approchent, cette promesse sécuritaire pourrait bien devenir un enjeu central du débat parisien, opposant une droite déterminée à une gauche accusée de « laxisme ».